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Maeght, l’aventure de l’art vivant

À travers plus de 350 documents (œuvres, photographies inédites, extraits, entretiens), dont de nombreux inédits, l’étonnante histoire d’une famille dont le nom est indissociable de l’art du XXe siècle.

Information

Présentation
Yoyo Maeght, Isabelle Meaght, Franck Maubert
Maeght, l’aventure de l’art vivant

Développé et sublimé par Aimé et Marguerite, l’esprit Maeght n’a cessé et ne cesse de régner sur la Fondation et la Galerie. Leur style et leurs choix dominent à tel point que le nom même de Maeght est devenu une caution, un label en quelque sorte. Leur fils, Adrien, dans sa galerie, 42, rue du Bac, à Paris, a réussi à maintenir et à développer, à travers ses choix, le patronyme qui fait désormais référence à Paris comme aux États-Unis. Il a réussi, depuis sa première exposition avec les photos-montages de Jacques Prévert jusqu’au travail singulier et solitaire de Gasiorowski, à trouver sa voie, à suivre son chemin. Aujourd’hui dirigé par la troisième génération, la Galerie propose de découvrir de nouveaux artistes tout en préservant patrimoine et souvenirs.

Souvent on me demande s’il est difficile d’être la petite-fille d’un couple qui marqua l’art du XXe siècle. J’en souris, car je pense au plaisir que cela me procure plutôt qu’aux difficultés. Aussitôt me reviennent à l’esprit les images de la vie que ma famille a partagée avec les grandes figures du monde des arts.

Avec mes sœurs puis mon frère, nous avons eu la plus belle des enfances, la plus belle des jeunesses. Nous avons été élevés parmi les artistes, les poètes, les créateurs. Aussi notre regard est-il imprégné de leur vision. Ils nous ont délivré et parfois confié une partie d’eux-mêmes. jamais nous n’avons eu besoin de rêver de princes charmants ou de châteaux fabuleux tant notre univers fut peuplé de créatures exceptionnelles, démesurées, envoûtantes et fascinantes. Quoi de plus fantastique que les personnages de Mirô, les lumières de Braque, la fantaisie de Prévert, la féerie de Chagall, les diableries de Malraux… Ils nous ont formé et ouvert l’œil sur l’art bien sûr, le cinéma, la littérature, l’art de vivre… la vie. Mon grand-père était toujours au fait de la création et avait autre chose que du goût, il avait un regard. Il était libre et il regardait. Cette liberté de choix, cet amour de la vie, cet esprit, voilà ce qui constitue sans doute le plus grand héritage reçu de nos parents et grands-parents. Papy nous rappelait que Giacometti disait: «Vous voyez, si un petit chat était caché derrière ce tableau de Rembrandt et qu’il ne puisse pas sortir, il faudrait crever le tableau pour le sauver rapidement, et pour garder cette petite parcelle de vie détenue dans la tête d’un chat, je crèverais le tableau et Dieu sait si j’admire Rembrandt.»

Mon père, Adrien, a exactement les mêmes talents qu’Aimé, son père. Avec une énergie hors du commun, il a décidé d’être au service de l’aventure Maeght. Il a préféré être dans l’ombre. Avec ma grand-mère, ils ont été la cheville ouvrière, l’outil permettant au génie d’Aimé de s’exprimer.

Si on devait qualifier Aimé Maeght, je dirais qu’il a été le diffuseur d’une information, le diffuseur d’un talent, parfois même le «porteur» d’étincelles de génie, le passeur des artistes. Pour que cela s’accomplisse, et autant de fois qu’iI fut nécessaire, il a fabriqué, voire inventé s’il n’existait pas, l’outil: la Galerie, les éditions, l’imprimerie, la Fondation. Ce n’était pas une contrainte pour lui mais une nécessité. Il ne parlait jamais de ses projets, il ne parlait que de ses réalisations. Le goût du risque, Papy ne l’avait pas. Il affirmait ses convictions.

Aujourd’hui nous sommes toujours proches des artistes et des créateurs et, bien sûr, nous partageons leurs appréhensions. Aussi, avons-nous envie de servir à la diffusion de leur œuvre. Notre préoccupation première est de permettre aux artistes de s’exprimer totalement et librement. À nous de favoriser l’accès à leur œuvre. Braque nous sert de guide en posant une question fondamentale: «Le public a-t-il vingt ans de retard ou l’artiste vingt ans d’avance ?»

Yoyo Maeght, fille d’Adrien Maeght, intègre, dès 1977, les entreprises familiales par le biais de L’Automobiliste, magasin de jouets et d’objets pour collectionneurs excentriques et passionnés. À la suite du décès de son grand-père, et poussée par les artistes, notamment Aki Kuroda et Gérard Gasiorowski, elle décide de consacrer ses activités aux artistes. Elle devient ensuite directrice de Maeght Editeur et publie de nombreux catalogues raisonnés, livres d’artistes et de bibliophilie ainsi que lithographies et gravures réalisées à l’Imprimerie Arte. Administrateur de la Fondation Maeght, elle est responsable du développement et de la communication des entreprises Maeght.

Isabelle Maeght intègre à 17 ans la galerie Maeght et fait preuve, comme Marguerite, dont elle est la petite-fille la plus proche, d’un sens du contact inné avec les artistes. Elle succède à Marguerite Maeght à la Fondation. Tout en dirigeant la galerie, elle est en charge de la gestion des archives et des collections familiales, ou de la Fondation qui composent l’un des fonds les plus riches sur l’art du XXe siècle.

Franck Maubert, ami de longue date de la famille Maeght, est écrivain. Il est l’auteur d’ouvrages consacrés à J’art, dont La Peinture moderne (Nathan, 1985) et plus récemment Le Paris de Lautrec (Assouline-2005), ainsi que de romans Est-ce bien la nuit ? (Stock, 2002), Près d’elles (Flammarion, 2003), Et les arbres n’en seront pas moins verts (Assouline, 2005).