ART | EXPO

Looking for Landscape

05 Fév - 19 Mar 2016
Vernissage le 04 Fév 2016

Comment interroger la notion de paysage ? Cinq artistes de la galerie Melanie Rio ont apporté leurs éléments de réponse à cette inépuisable question. Tantôt simple objet d’une expérience visuelle, tantôt véritable prétexte à la sublimation, le paysage apparaît dans sa fascinante complexité.

L’exposition « Looking for Landscape » interroge la notion de paysage dans la recherche plastique de cinq artistes de la galerie. Sujet même de l’oeuvre ou bien prétexte à l’expérience visuelle du déplacement, chacun des cinq artistes s’approprie la notion et la problématise à sa manière.

A travers son œuvre Parallaxe N4, Delphine Deguislage transcrit sa perception du paysage ordinaire entre-aperçu à bord d’un train et photographié lors du déplacement. Angélique Lecaille, en revanche, a pris le parti de sublimer le paysage dans son travail de dessin. Touto Nika, monumental incendie s’élevant vers les cieux, met en scène les forces naturelles qui façonnent et modifient le territoire.

A l’inverse, Briac Leprêtre aborde le paysage sous un angle plus prosaïque à travers ses vues d’architectures utilitaires et d’aménagement de mobilier urbain. Ses lavis retranscrivent l’ordinaire, le familier du territoire rural et nous convient à observer ce décor du quotidien que nos yeux habituellement soustraient à notre conscience.

Benoit-Marie Moriceau, lui, s’attaque à un ouvrage emblématique du paysage nantais, la Maison Radieuse de Le Cobusier, en greffant sur l’une de ses façades en béton une structure d’habitation rudimentaire. Dans sa vidéo « Concrète Sunset », l’artiste nous propose également l’expérience d’un autre paysage, le désert américain. Il convoque notre imaginaire par la voix d’un cow-boy, nous invitant à transposer sur ce coucher de soleil un hors champ constitué des mythes, récits et références cinématographiques qui composent la mémoire collective de l’Ouest américain.

Nicolas Milhé nous propose quant à lui une œuvre intitulée Amerika, Amerika dont le motif est l’île italienne de Lampedusa, aujourd’hui synonyme de tragédie. Référence au film d’Elia Kazan « America, America », la réitération appelle deux visions antinomiques de l’île : l’image rêvée de la terre d’accueil pour les migrants opposée à la réalité de l’exil et des camps de réfugiés.