ART | EXPO

Loï;c Raguénès

11 Sep - 18 Oct 2008
Vernissage le 11 Sep 2008

Les dessins au crayon de couleur de Loïc Raguénès sont des copies d’images trouvées sur internet ou dans des magazines, des empreintes d’un passé proche.

Communiqué de presse
Loïc Raguénès
Loïc Raguénès

Les dessins au crayon de couleur de Loïc Raguénès, copies de photographies évoquant, par l’application d’une trame de demi-tons, leur diffusion par l’imprimé, constituent une forme de réalisme — un réalisme prenant pour réalité le monde des images reproduites communes, le monde photographié ou filmé.

Ses images, Loïc Raguénès les trouve sur la toile (numérique, s’entend), dans les magazines ou sur des banques d’images. Les catalogues des banques d’images numériques sont ordonnés par thèmes — Famille, Nature, Loisir, Travail, Animaux…, eux-mêmes subdivisés en une multitude de sous-catégories. Ces classifications sont à leur tour devenues les nouveaux genres auxquels les illustrateurs modernes se réfèrent pour enluminer les publications (les maquettistes en premier lieu, mais certains artistes également). C’est aussi ce monde-là, hétéroclite — images d’actualités, images de genres — que reproduisent les dessins de Loïc Raguénès.

Le rendu monochrome des dessins accentue la dimension abstraite de l’image, son abstraction, au même titre que l’accentuation de sa décomposition en trame de demi-tons. La monochromie suggère une forme d’irréalité et affirme du coup leur qualité d’images. Une fois transformées en monochromes, les dessins deviennent comme des fantômes des images en quadrichromie. Cette idée se double d’un deuxième sens — le spectre comme souvenir ; l’image est une image «revenante» en ce sens aussi : elle est la réminiscence d’une image.

Autant qu’une trame d’imprimerie, la décomposition de l’image point par point des dessins de Loïc Raguénès est une image analogue aux persistances rétiniennes monochromes provoquées par le bombardement de la neige télévisuelle. Ce sont des images rémanentes, comme des empreintes de la projection de la lumière (plutôt que de sa décomposition, au principe du pointillisme). En cela, ce sont des images qui sont parfois un peu désuettes, ce sont des souvenirs, des images passées — au sens où elles appartiennent au passé récent, mais également au sens où leurs couleurs semblent passées, elles aussi. Ou du moins est-ce l’un des effets des teintes monochromes légères que d’apparaître comme telles.