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Loïc Le Groumellec

Les paysages en noir et blanc de Loïc Le Groumellec semblent évidents, mais sont, en réalité, moins simples qu’il n’y paraît. Ils se présentent assez souvent dans le sens de la hauteur, comme s’il s’agissait de portraits — manière de célébrer de la sorte la fière allure du menhir.

Ils sont sombres et brillants à la fois, traduisent des moments du jour ou de l’année, décrivent sobrement des terres sans soleil, et omettent (provisoirement) la moindre connotation de joie vitaminique associée à la lumière et à la couleur.
Cependant, ils luisent de tous les reflets et reliefs creusés par le peintre à même la laque. La matière est déposée sur la toile en même temps qu’absorbée, épongée, par d’innombrables coups de brosses asséchées qui enluminent les cieux sombres et animent, si besoin est, les compositions.

Les pierres encadrent toujours, comme des gardes du corps, une maisonnette on ne peut plus schématisée. Ils la protègent et lui font un peu d’ombre — le cas échéant. Les contre-jours de silhouettes de cyprès — vus de suffisamment loin, bien entendu — qui se détachent sur les hauteurs des campagnes toscanes éteignent de même toute velléité chromatique et produisent également ce genre d’effet de désaturation.

La série «Mégalithes et maison» a certainement à voir aussi avec les «natures mortes» cézaniennes dont elles restituent avec grand soin le modelé — plus qu’avec les vues montagneuses des environs aixois. Les formes sont combinées de différentes sortes. Une croix vient à plusieurs reprises sursacraliser la fonction menhirique — la détourner de son sens originel, lui-même estompé, pour ne pas dire perdu depuis la fin du néolithique.

Sans titre
(2009) est le morceau de bravoure de l’exposition. Le groupe (on utilise aussi ce terme pour les pierres dressées des cairns) de plus de deux mètres de haut et de près de six de large, constitue un tritptyque quasiment abstrait, malévitchéen puisque pratiquement peint noir sur noir. La forme centrale ovoïde peut éventuellement rappeler le genre (et le sexe) humain — elle est masculine et féminine à la fois.

L’exposition se termine par des œuvres plus récentes de Loïc Le Groumellec, dont deux introduisent, discrètement, la couleur. Abstraites d’apparence, monochromatiques, mais pas pour autant décoratives, elles s’inspirent, paraît-il, de l’alphabet runique.

On ne sait vraiment pourquoi, le peintre Loïc Le Groumellec traite maintenant d’écriture. Toujours de celtitude, c’est une certitude.

— Mégalithes et maison, 2010. Laque sur toile. 120 x 110 cm
— Mégalithes et maison, 2010. Laque sur toile. 120 x 110 cm
— Mégalithes et maison, 2010. Laque sur toile. 120 x 110 cm
— Mégalithes et maison, 2010. Laque sur toile. 204 x 153 cm
— Sans titre, 2004-2009. Laque sur toile. Triptyque. 220 x 580 cm (220 x 190 cm chaque)
— Mégalithes et maison, 2010. Laque sur toile. 204 x 153 cm
— Maison, 2010. Laque sur toile. 60 x 60 cm
— Sans titre, 2010. Laque sur toile. 60 x 60 cm
— Mégalithe, 2010. Laque sur toile. 60 x 60 cm
 Mégalithes et maison, 2010. Laque sur toile. 204 x 153 cm
— Maison, 2010. Laque sur toile. 60 x 60 cm
— Sans titre, 2010. Laque sur toile. 60 x 60 cm
— Mégalithe, 2010. Laque sur toile. 60 x 60 cm
— Mégalithes et maison, 2010. Laque sur toile. 204 x 153 cm
— Mégalithes et maison, 2010. Laque sur toile. 204 x 153 cm
— Mégalithes et maison, 2010. Laque sur toile. 204 x 153 cm
— Mégalithes et maison, 2010. Laque sur toile. 120 x 110 cm
— Mégalithes et maison, 2010. Laque sur toile. 90 x 80 cm
— Sans titre, 2010. Acrylique sur papier. 75,5 x 54,5 cm
— Mégalithes, 2004. Huile sur papier. 76 x 105 cm
— Mégalithes, 2004. Huile sur papier. 76 x 105 cm
— Sans titre, 2010. Acrylique sur papier. 75,5 x 56,2 cm
— Sans titre, 2010. Acrylique sur papier. 76 x 56,5 cm
— Sans titre, 2010. Acrylique sur papier. 75,5 x 56 cm