ART | EXPO

L’intranquillité

05 Oct - 04 Jan 2014
Vernissage le 05 Oct 2013

Wilfrid Almendra réfléchit, dans une production in situ, à une pratique proprement française: le jardin ouvrier. Espace de partage, sphère d’expression d’une esthétique propre, ce petit lopin de terre est l’opportunité pour les plus démunis comme les nostalgiques de la campagne de se créer leur petit coin de paradis.

Wilfrid Almendra
L’intranquillité

Le travail du sculpteur français Wilfrid Almendra braconne, déplace, réévalue et réagence en permanence les problématiques soulevées par ces utopies collectives dont a désormais eu raison une société contemporaine occidentale structurée par les aspirations individualistes.

Depuis près de dix ans, il arpente les zones d’habitations pavillonnaires pour observer les symptômes concrets de ce qui constitue pour lui l’expression contemporaine et postmoderne de l’idéal communautaire. Ses œuvres mettent en tension aspiration à l’individualisation et fatalité de la standardisation. Ces investigations l’ont notamment mené aux Etats-Unis à étudier le programme des Case Study Houses.

Cette expérience programmatique de l’après-guerre de construction d’unités d’habitation ultramodernes, fonctionnelles et économiques, a participé à la définition archétypale de la villa californienne et de l’American Way of Life dont l’imaginaire s’est depuis répandu dans tout le monde occidental.

De la même façon qu’il existe un abysse entre les maisons modèles d’architectes du programme et la réalité pavillonnaire telle qu’elle s’étale désormais en banlieue de nos villes, Wilfrid Almendra réinterprète dans sa série de dix sculptures murales, Killed in Action (2009), autant de maisons qui sont restées à l’état de projet, en imaginant, à coup de techniques de bricolage, de matériaux de récupération chargés d’histoires et de références autobiographiques, leur devenir si d’aventure elles avaient été construites.

Wilfrid Almendra met en tension dans une production in situ ses investigations californiennes avec une pratique proprement française: le jardin ouvrier. Espace de partage autant que sphère d’expression d’une esthétique propre, ce petit lopin de terre est l’opportunité pour les plus démunis comme les nostalgiques de la campagne, de faire pousser quelques carrés de légumes, quelques arbres fruitiers et buissons de roses, de se créer leur petit coin de paradis.

Vernissage
Samedi 5 octobre 2013