ART | EXPO

Les organisations d’espaces

28 Nov - 21 Déc 2013
Vernissage le 28 Nov 2013

L’exposition «Les organisations d’espaces» à la Box propose de redécouvrir le travail de Jean–Michel Sanejouand, précurseur des pratiques in situ. Entre fonctionnalisme et utopie, l’exposition revient sur l’évolution de ses œuvres et leur réception dans le champ de l’art.

Jean-Michel Sanejouand
Les organisations d’espaces

La reconnaissance de l’œuvre de Jean-Michel Sanejouand est extrêmement récente. Célébrée par les Pays de Loire, on tente désormais, du côté des États-Unis, de le réinscrire dans l’histoire du Land Art ou de l’art conceptuel. Il apparaît désormais aux côtés de grands noms tels que de Marcel Broodthaers ou Daniel Buren.

L’exposition organisée à La Box permet de donner une nouvelle impulsion à cette dynamique de redécouverte du travail de Jean-Michel Sanejouand. Dix ans après sa réactivation dans l’espace du Transpalette, la pratique des Organisations d’espaces est à nouveau mise à l’honneur.

Cette exposition met en lumière le rôle précurseur de l’artiste dans la naissance des pratiques in situ et dans le rejet d’un modernisme, qui érige la forme et l’autonomie de l’art en véritables dogmes. Dès 1967, plutôt que de continuer à produire des objets esthétiques qui se suffisent en eux-mêmes, il commence un travail d’intervention sur l’espace, conçu en fonction du lieu qui l’accueille.

Il s’oppose à la traditionnelle fonction représentative de l’art et veut fondre sa pratique dans le quotidien, en intervenant dans des programmes architecturaux ou urbanistiques. Oscillant entre fonctionnalisme et utopie, Jean-Michel Sanejouand dessine les contours d’une nouvelle pratique, qui met fin à l’aliénation du citadin ou du spectateur.

Cette période des Organisations d’espaces, est incontournable, non seulement dans l’œuvre de l’artiste, mais également dans le paysage artistique français, voire international. Les interventions qu’il réalise à l’aide d’objets et de matériaux industriels, à l’échelle monumentale, marquent les esprits et son travail connaît alors une reconnaissance toute particulière.

Ces interventions apparaissent, pour la critique, comme un contrepoint au minimalisme américain. Malgré leur impact certain, les occasions de réalisation in situ sont peu nombreuses et cette situation amène l’artiste à développer ses idées sous forme de plans très précis.

Basée sur les recherches menées par le commissaire, sur la naissance ces pratiques et de la critique institutionnelle en France, l’exposition témoigne de cette période riche et pourtant trop souvent négligée par l’historiographie. En produisant des archives inédites de l’artiste, elle permet de suivre au plus près la construction de l’œuvre de Jean-Michel Sanejouand.

Une première salle est d’ailleurs consacrée à l’évolution des Charges-objets vers des interventions de grandes dimensions, puis à la prise en compte des espaces dans lesquels ils s’inscrivent.

La suite de l’exposition s’intéresse aux Organisations d’espaces en tant que telles, en s’attachant à rendre les différentes dimensions que revêt ce travail et à relever le défi de témoigner d’œuvres, qui n’ont existé que le temps de leur monstration.

Le travail graphique développé avec Les organisations d’espaces est donc mis en avant. Leur dimension proprement spatiale et la façon dont elles sont perçues, dans le champ de l’art, sont aussi des données importantes de l’exposition. Une place conséquente est accordée à la réception des ces oeuvres à travers la presse, afin de multiplier les témoignages et les points de vue sur celles-ci.

Cela montre à quel point l’œuvre de Jean-Michel Sanejouand a trouvé une résonance dans les questionnements de l’époque.

Commissariat
Frédéric Herbin

Vernissage
Jeudi 28 novembre à 18h