ART | EXPO

Les miroirs feraient bien de réfléchir

17 Jan - 21 Mar 2015
Vernissage le 16 Jan 2015

Christophe Cuzin se définit lui-même comme un artiste peintre en bâtiment. Sa démarche consiste à faire dialoguer peinture, lumière, couleur, architecture et volume, à partir d’un espace donné. Pour l’Artothèque, il a choisi d’orienter son intervention sur la charpente de l’espace d’exposition, qui est devenu l’élément emblématique du lieu.

Christophe Cuzin
Les miroirs feraient bien de réfléchir

Christophe Cuzin et la ville de Caen sont artistiquement liés depuis de nombreuses années. En octobre 2000, l’artiste investit trois lieux caennais: l’Hôtel de Ville de Caen ainsi que deux hauts lieux de l’art contemporain: l’Artothèque, Espaces d’art contemporain, qui se trouvait alors encore à l’Hôtel d’Escoville, et le Fonds régional d’art contemporain de Basse-Normandie. Au Frac, l’artiste reprend la façade du bâtiment à l’échelle un, tandis qu’il rabaisse le plafond de la salle d’exposition de l’Artothèque par la pose d’une bâche rouge. Pour l’Hôtel de Ville, il réalise dans le cadre d’une commande publique un tapis de moquette composé d’un assemblage de quatre-vingt modules reprenant ses dessins orthogonaux et symétriques.

La collection de l’Artothèque, Espaces d’art contemporain compte plusieurs œuvres de Christophe Cuzin dont quelques éléments de ce tapis ainsi qu’un ensemble d’une vingtaine de sérigraphies intitulées Manifesto; qui peuvent être toutes empruntées au même titre que tout autre œuvre.

Christophe Cuzin se définit lui-même comme un artiste peintre en bâtiment. Son travail s’effectue directement sur l’architecture du bâtiment et est donc la plupart du temps éphémère. L’aspect éphémère de ses œuvres n’est pour lui ni problématique ni choquant, il compare son travail à un morceau de musique, une pièce de théâtre qu’il est possible de jouer et de rejouer à l’infini. L’ensemble de son œuvre répond à une démarche qui consiste, à partir d’un espace donné, à faire dialoguer peinture, lumière, couleur, architecture et volume. Christophe Cuzin décline ces éléments dans chacun des sites qu’il investit.

Pour l’Artothèque, Espaces d’art contemporain de Caen, Christophe Cuzin a réalisé un environnement architectural, déterminé par les caractéristiques du lieu: le Palais Ducal. Un véritable dispositif créé in situ. Il est venu visiter à plusieurs reprises le nouveau bâtiment dans lequel se trouve l’Artothèque depuis septembre 2013: le  Palais Ducal. Lors de l’un de ses repérages, étaient présents à l’Artothèque, les membres d’un service de la Ville de Caen ayant contribué à la rénovation de ce bâtiment.
Christophe Cuzin explique que cette journée a été importante et l’a fortement influencée dans son choix artistique. En effet, leur émerveillement à la découverte de la charpente dans l’espace d’exposition, comme étant le véritable joyau de cette réhabilitation l’a fortement intrigué. Ce qui pouvait en effet apparaître comme une contrainte à l’origine se révèle être aujourd’hui l’attractivité, l’atout charme de cet espace.
«Ainsi, ce que l’on a voulu cacher à telle époque, peut devenir à telle autre une marque de distinction, reflet d’une authenticité désormais prisée. Souhaitant interroger ces esthétiques, les confronter, poser la question du Beau, Christophe Cuzin décide d’orienter son intervention sur cet élément devenu, pour beaucoup, emblématique du lieu.»

Christophe Cuzin interroge ici la notion du Beau. Qu’est-ce qui est beau? Et plus largement, qu’est-ce que l’art? Pour lui, le travail de l’artiste est d’explorer ces fondements. Pour cela comme à son habitude il n’invente pas de formes, il se sert des formes existantes ou ayant existé et propose une lecture en miroir de cette charpente. «Un miroir magique qui reflètera l’appareillage de bois tourmenté et travaillé par le temps, métamorphosé sous une apparence lisse et rectiligne.»

Dans la seconde salle, Christophe Cuzin, il présentera cinq canevas dont l’un des dessins représente une vue extérieure du bâtiment datant de l’époque de l’école normale d’institutrices. Le principe consiste à ce que les visiteurs de l’Artothèque brodent pendant l’exposition le canevas et qu’ensuite les emprunteurs s’en emparent à leur tour, l’emportent chez eux et le poursuivent. C’est seulement une fois que l’œuvre sera terminée que l’artiste la signera et qu’elle intégrera la collection de l’Artothèque.