DANSE | CONFÉRENCES

Les Lundis du soleil : Merce Cunningham

23 Nov - 23 Nov 2009
Vernissage le 23 Nov 2009

Denise Luccioni, traductrice et écrivain, évoque le chorégraphe américain, père de la danse post moderne, décédé le 26 juillet 2009, à New York, à l’âge de 90 ans.

Merce Cunningham
Les Lundis du soleil : Merce Cunningham

Merce Cunningham est né le 16 avril 1919 à Centralia dans l’État de Washington aux États-Unis. Son œuvre a contribué au renouvellement de la pensée de la danse dans le monde. Il est considéré comme le chorégraphe qui a réalisé la transition conceptuelle entre danse moderne et danse contemporaine notamment en découplant la danse de la musique et en intégrant une part de hasard dans le déroulement de ses chorégraphies.

Merce Cunningham était danseur chez Martha Graham lorsqu’il a entamé son parcours chorégraphique. Martha Graham était une des grandes figures de ce qui s’appelait alors la « modern dance ». Le concept à l’œuvre dans la modern dance était celui du retour à l’origine, le retour aux sources avant la civilisation et ses méfaits.

En 1951, sa pièce 16 Danses pour soliste et compagnie de trois va marquer le premier pas dans un autre direction que celle du retour au moi profond. Merce Cunningham utilise le hasard pour composer cette danse : il jette des pièces pour déterminer l’ordre des sections de la danse. L’utilisation du hasard lui permet de prendre des décisions esthétiques de manière objective et impersonnelle. On peut dire que ce moyen d’arriver à la création, non par intuition, instinct ou goût personnel, a été une sorte de point de non-retour dans la conception chorégraphique de Merce Cunningham.

Cette idée d’utiliser les procédés de hasard pour composer a été d’abord mise en œuvre par le compositeur John Cage, compagnon de Merce Cunningham pendant plus de 50 ans jusqu’à son décès en 1992. Le cercle d’artistes gravitant autour de John Cage et Merce Cunningham se composait entre autres de plasticiens comme Robert Rauschenberg et Jasper Johns, de compositeurs comme Earle Brown, Morton Feldman, David Tudor, pour ne citer qu’eux. Tous ces artistes étaient des gens profondément ancrés dans leur temps. On pourrait dire que ce sont des artistes « urbains » qui ne tournent pas le dos aux impressions sonores et visuelles émanant de la vie citadine, ni aux innovations technologiques de leur temps.

Ainsi, comme dans la vie, dans les chorégraphies de Merce Cunningham coexistent la danse, la musique, l’œuvre plastique, qui, travaillées chacune de leur côté, sont superposées le jour du spectacle en une rencontre artistique ouverte. Merce Cunningham ne veut qu’aucune forme ne prédomine sur l’autre en scène, mais qu’elles forment un tout.