LIVRES

Les jours d’après

Le photographe, Christophe Goussard et l’écrivain, Eric Bonneau se sont associés pour documenter dans ce livre la vie d’une dizaine de migrants qui ont accepté de livrer leur histoire. Une immigration parfois choisie, la plupart du temps subie, qui les a menés à Cenon où ils vivent, entre bonheurs et difficultés du quotidien.

Information

Présentation
Christophe Goussard, Eric Bonneau
Les jours d’après

Depuis 2009, Christophe Goussard, photographe, et Éric Bonneau, écrivain rencontrent des migrants installés sur la commune de Cenon dans la banlieue bordelaise. Ce livre de portraits relate des trajectoires de vie, les chemins de l’exil, les joies et les peines du quotidien. Un travail sensible pour incarner le plus humainement possible la réalité complexe de l’immigration.

Christophe Goussard les a photographiées dans leur intimité, dans des lieux qu’elles affectionnent, tandis qu’Eric Bonneau les a interviewées et a écrit des portraits sensibles, subjectifs, littéraires, empreints d’humanité.

«Il n’est que de rencontrer ces gens, dans la complexité de vie arrachées au pays d’origine, pour mesurer combien l’immigration se décline en autant d’histoires singulières qui portent toutes en elles cette question obsédante et universelle: pourquoi l’égalité entre les humains, hommes et femmes, nationaux et migrants, reste-t-elle toujours théorique? Une autre question surgit alors: qui aura le courage politique de la mettre en pratique?

Quitter les siens, c’est en finir avec la protection du groupe, se mettre dans une position de grande vulnérabilité, porter le poids de la réussite impérative, et donc de la culpabilité inhérente à l’échec potentiel. Et si tout individu vit à la fois l’unité et la multiplicité de son identité, l’immigré, lui, doit préserver l’unité de son identité tout en enrichissant cette multiplicité par l’apport de cette acculturation que lui refuse une partie de la France, hostile, angoissée par un chômage et une crise qui s’inscrivent douloureusement et durablement. «L’étranger de l’intérieur» doit donc se construire cette nouvelle identité dans la souffrance et le rejet, confronté à une injonction paradoxale: vous devez devenir français sachant que nous n’avons pas envie que vous le deveniez.
Eric Bonneau