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Les Infiltrés

12 Mar - 10 Avr 2010
Vernissage le 11 Mar 2010

Dans le Project room de la galerie, Saverio Lucariello travaille la notion d'infiltré: «L’Infiltré n’appartient à personne et à tout le monde. Il est ! Immisceor ergo sum ! Ça lui suffit pour être partout où il veut parce qu’il le peut. C’est une arme (âme) permanente qui n’a besoin d’aucun parti, d’aucune théorie ni idéologie ni religion pour s’exposer.»

Saverio Lucariello
Les Infiltrés

Dans le Project Room
L’Infiltré n’a pas de lumière propre, il s’introduit subitement dans celle d’autrui. Il récupère la lumière des images. Il n’est pas citationniste, à la manière de qui suit une histoire. Il est lui même principe de citation: il peut être à tout moment un élément référentiel. C’est une étrange attirance qu’il suscite (…dès qu’il est repéré) pour toute composition formelle.

Il existe un nombre incalculable d’images et de contextes esthétiques qui, en dépit de leur thématique propre, ont subi l’influence de l’Infiltré depuis sa première apparition en 1995. Il est lui-même principe actif et inattendu de citation. Il fait citation puisqu’il n’a pas d’appartenance propre. L’Infiltré n’appartient à personne et à tout le monde. Il est ! Immisceor ergo sum ! Ça lui suffit pour être partout où il veut parce qu’il le peut. C’est une arme (âme) permanente qui n’a besoin d’aucun parti, d’aucune théorie ni idéologie ni religion pour s’exposer. L’Infiltré s’exhibe! L’Infiltré n’a pas besoin de simplifier ni d’abonder. Il est minimaliste, naturaliste, simplificateur inné.

Perpétuellement présent, il est critique de tout, là où il peut s’introduire. Il est une matière qui s’intègre à presque tout. Je dis presque tout, parce que l’Infiltré peut, s’il le veut, opérer par fortes discriminations. Malgré son irrationalité et son manque total d’équilibre, il ne s’infiltre pas n’importe où. Il peut être vu comme une présence rebelle, autant qu’inflationniste, mais il peut être extrêmement sélectif, justement parce qu’il connaît le rare plaisir de savoir et de pouvoir faire acte de présence partout.

L’Infiltré est un saprophyte qui en profite. Que peut-on en dire de plus ? Ce qu’on peut en dire, on l’a déjà dit et il n’y a rien de plus à ajouter puisque lui-même s’ajoute sans prévenir, si bien qu’on ne sait même pas qu’il s’ajoute. C’est comme la critique d’art. Elle s’ajoute comme un élément neutre qui change de lit tous les soirs mais ne fait jouir personne. Mieux vaut ne s’attendre à rien, ne rien espérer, tout au plus guetter l’Infiltré dans l’espoir qu’il montrera son petit morceau de chair rose et suscitera peut-être le désir, y compris de ceux qui ne l’attendaient plus, pris à leur propre désenchantement ou à leurs ambitions irrésolues. Saverio Lucariello, février 2010 (Extrait de Pour une compréhension de l’Infiltré: le principe d’immanence et le principe d’actualité chez l’Infiltré, Éditions Obscures et Ouvertes, Paris-Naples, 1995-2010).

Article sur l’exposition
Nous vous incitons à lire l’article rédigé par Elisa Rigoulet sur cette exposition en cliquant sur le lien ci-dessous.

critique

Les Infiltrés