DANSE | FESTIVAL

Les Inaccoutumés 2009

10 Nov - 05 Déc 2009
Vernissage le 10 Nov 2009

Peut-être encore plus qu’à leur habitude, Les Inaccoutumés 2009 sont placés sous le signe de la transversalité. Installations, performances, petits et grand formats, vidéos y partagent une même réflexion sur le corps, l’espace de représentation ou le contexte de production.

Bettina Atala, Alain Buffard, Olivier Dubois, Vincent Dupont, Yann Duyvendak, Omar Ghayatt, Nicole Borgeat, Miguel Gutierrez, Gérald Kurdian, Christian Rizzo, Claudia Triozzi, David Wampach
Les Inaccoutumés 2009

Depuis plus de 25 ans, la Ménagerie de Verre s’est imposée comme un laboratoire d’expérimentation où se produisent les personnalités les plus intrigantes de la scène artistique contemporaine française et étrangère. C’est dans cet espace atypique, que se déroule l’un des temps forts de la saison artistique parisienne : Les Inaccoutumés. Plus qu’un festival, ce rendez-vous annuel est un moment unique pour prendre le pouls de notre époque. Pour l’édition 2009 des Inaccoutumés, Marie-Thérèse Allier a imaginé 20 soirées consacrées à la danse et à la performance.

Programme

Olivier Dubois, Révolution, 10 et 11 novembre, 20h30
Ouvrant le festival, Olivier Dubois présente Révolution, création attendue pour quinze danseuses (!) le temps d’une intense rotation chorégraphique. Remarqué l’été dernier au Festival d’Avignon avec Faune(s) où il interprétait, bousculait et réinterprétait L’Après-midi d’un faune de Nijinsky, Olivier Dubois propose aujourd’hui au spectateur une expérience unique où le corps est évoqué comme « masse ouvrière de l’art », où « la création apparaît comme un acte résistant, vain mais essentiel ! ».

Christian Rizzo, i-fang lin / Christian Rizzo et 100% polyester, objet dansant n° (à définir) , 12, 13 et 14 novembre, 20h30

Chorégraphe et plasticien, Christian Rizzo investit le festival avec deux propositions :I-fang lin / Christian Rizzo (2008) et 100% polyester, objet dansant n° (à définir) en collaboration avec Cathy Olive (1999). Complémentaires, ce spectacle et cette installation font preuve d’une même sensibilité et d’une même poésie tout en démontrant à quel point l’oeuvre de Christian Rizzo dépasse les frontières disciplinaires. i-fang lin / Christian Rizzo est l’objet d’une rencontre entre la danseuse taïwanaise et le chorégraphe français et prend la forme d’un solo porté avec beaucoup d’allure par I-Fang Lin, dont les torsions et les pliés ne font que redoubler les déplacements rectilignes rythmés tout à la fois par ses paroles en mandarin et une bande-son électronique.
Alors qu’elle fête son 10ème anniversaire, l’installation 100% polyester, objet dansant n° (à définir) n’en finit pas de nous toucher par la grâce de ses deux robes brodées qui, suspendues à un fil, offre un ballet fantomatique et muet.

Vincent Dupont, Souffles I et Plongée, 17, 18 et 19 novembre, 20h30
Chorégraphe pour certains et metteur en scène pour d’autres, Vincent Dupont prolonge aujourd’hui un travail entamé lors de la dernière édition des Inaccoutumés (nov-déc 2008) aux côtés de l’éclairagiste Yves Godin, qui avait proposé à plusieurs artistes d’inventer, le temps d’un soir, une pièce dans un dispositif lumineux éphémère composé de près de 1000 bougies. Point de départ de cette nouvelle création, Vincent Dupont décide avec Souffles I de prolonger ce travail. L’occasion également de découvrir son film chorégraphique Plongée (2008) ou comment des images peuvent-elles encore imprégner notre corps saturé. À quel moment se détachent-elles d’une histoire ou d’un contexte pour faire partie de notre corps, de notre mémoire ?

Yan Duyvendak & Omar Ghayatt & Nicole Borgeat, Made in Paradise, 20 et 21 novembre, 20h30
Yan Duyvendak & Omar Ghayatt & Nicole Borgeat, respectivement metteur en scène et performeur suisse, metteur en scène égyptien et dramaturge suisse, présentent Made in Paradise (2008-2009). Conçu en écho au 11 septembre, et à l’image de l’« autre » qui en a découlé, cette pièce pose la question de ce qui se produit quand « Yes, we can » rencontre « Inch Allah ». Prenant la forme de fragments performatifs incluant les spectateurs, cette pièce propose de regarder l’autre au risque de mieux se voir, le temps de deux soirées dont la forme est chaque jour unique.

Gérald Kurdian, 1999, 24 et 25 novembre, 20h30
Gérald Kurdian, qui aime à se définir comme un « performeur sans fonction précise », produit depuis qu’il a quitté les beaux-arts, des spectacles « lo-fi » articulés autour d’actions ordinaires (parler, marcher, sauter), de petites danses (mambo, tango, jerk) et de jolies chansons d’amour. Avec 1999, il s’interroge aujourd’hui sur les conditions de faisabilité d’un projet d’autoproduction musicale en endossant tour à tour le rôle du musicien, du chanteur, du producteur, de l’ingénieur son, du graphiste, du réalisateur de clips vidéos, etc. Et si demain, faire de la musique relevait du cinéma d’anticipation ?

Bettina Atala, Saison 1 – épisode 2, 26 novembre, 20h30
Connue comme acolyte de Grand Magasin, Bettina Atala développe par ailleurs des projets personnels, parmi lesquels le film saison 1 — épisode 2 (2008). Endossant ici le rôle de réalisatrice, elle dévoile en direct, le temps de la projection — et aux côtés de quelques comédiens présents (Pascale Murtin, Christophe Salengro, François Hiffler, etc.) —, certains détails cachés et d’hilarantes anecdotes, sans hésiter pour autant à accélérer certaines scènes. Interrogant avec malice le langage cinématographique, Bettina Atala aime à jouer avec l’envers du décors.

Claudia Triozzi, Park, 27 et 28 novembre, 20h30
Claudia Triozzi, auteur de spectacles iconoclastes dont la danse ne sort jamais indemne, présente une pièce, entre chorégraphie et installation, qui continue aujourd’hui encore de faire date : Park (1998). Invité à découvrir une série de scènes de la vie d’Adina, le spectateur passe à travers les pièces d’une maison imaginaire dans laquelle une femme se prête à des rituels journaliers tout aussi rassurants qu’inquiétants. Questionnant ici le corps-machine, Claudia Triozzi décontextualise la sphère domestique et nous invite à mesurer le caractère dérisoire de l’occupation fragmentaire que de l’espace et du temps.

David Wampach, Auto, 1er et 2 décembre, 20h30

Interprète remarqué chez plusieurs chorégraphes français, David Wampach signe depuis 2003 ses propres pièces que l’on devine nourries de l’histoire de l’art (Bascule 2005 ; Quatorze, 2007) et du cinéma de ces 20 dernières années. Parmi elles, Auto, un projet chorégraphique à plusieurs voix : la sienne et celle d’Aurélien Richard, pianiste et ancien chef de chant de l’Opéra de Paris. A mi-chemin entre réalité et illusion, vérité et mensonge, direct et différé, les deux artistes tentent d’avancer ensemble pour composer « une relation nouvelle entre musique et danse ». Ainsi, dans un espace fermé, David Wampach et Aurélien Richard mènent une sarabande dans laquelle la musique semble saisie d’un précieux mouvement chorégraphique.

Alain Buffard, Eat, 1er au 5 décembre, 19h30
Dans le cadre de sa résidence à la Ménagerie de Verre, Alain Buffard présente un dispositif vidéo intitulé Eat (2008) et invite le danseur et chorégraphe américain Miguel Gutierrez à montrer pour la première fois à Paris Retrospective Exhibitionist (2005). Conçue comme une métaphore de la notion de cannibalisme détournée au profit du vêtement, l’installation Eat permet à Alain Buffard, et au styliste Sébastien Meunier, d’évacuer la question de la représentation de soi à travers l’habit et la performance.

Miguel Gutierrez, Retrospective Exhibitionist, 3 au 5 décembre, 20h30
Danseur chez Jennifer Lacey, Deborah Hay, Alain Buffard, chanteur aux côtés de My Robot Friend, Antony and the Johnsons, Speller, etc. Miguel Gutierrez dirige également le collectif Miguel Gutierrez and the Powerful People (plasticiens, danseurs, musiciens, etc.) à Brooklyn. Solo avec téléviseur, magnétoscope, micro et caméra vidéo, Retrospective Exhibitionist pourrait être décrit comme une « sorte d’auto-fiction du danseur-performeur ». L’artiste s’interrogeant ici sur l’impitoyable écoulement du temps et son impact sur la performance live quand on passe sa vie entière sur scène.

critique

Les Inaccoutumés 2009