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Léda et le Signe

09 Juin - 21 Juil 2012
Vernissage le 09 Juin 2012

Les signes émergeant dans les peintures de Michel Alexis, passent outre la théorie critique ou la complexité du langage. Cela suggère que ses œuvres dépendent plutôt d’associations involontaires qui passent par ses sens. Cette démarche implique ainsi une sorte de convolution formelle ou de phénomène trans-sensoriel.

Communiqué de presse
Michel Alexis
Léda et le Signe

Michel Alexis vacille entre le signe reconnaissable et le signe qu’il se joue à nous faire reconnaître, entre le dessin comme calligraphie et comme forme suggestive d’une figuration. Il peint dans un registre de l’absence qui s’insinue au travers des sens comme un moyen de conduire au désir; du désir et de l’absence inextricablement liés, surgit la forme érotique. Cela suggère que les associations involontaires de formes, couleurs, lignes, tracées sur les fragiles feuilles de papier de riz qui recouvrent la toile, deviennent la base de son expression.

C’est en comprenant ce qui existe en dehors du construit que l’on approche du mystère, et plus précisément dans l’œuvre de Michel Alexis, de l’absence et du vide qui conduisent à la sensation érotique. Michel Alexis ne confine pas son modèle de peinture — à l’inverse de la «peinture comme modèle» — à des stratégies précognitives, et ne s’engage pas non plus de manière construite dans le discours sémiotique. Son travail ne relève pas d’une démarche automatiste, ses peintures sont à propos des mots l’équivalent de ce que les mots sont à propos de la peinture.

La poésie de Mallarmé a été citée en relation avec la peinture de Michel Alexis, ainsi que les compositions d’Erik Satie ou les épîtres de Debussy. On ne peut non plus négliger l’énorme influence de Gertrude Stein sur son travail, et tout particulièrement son Birthday Book de 1924 publié à titre posthume, qui était le thème central d’une exposition de Michel Alexis en 1995; et dans laquelle il faisait surgir un lien entre la prose de celle-ci, et sa propre approche des mots comme objet de la peinture: ici la syncope des phrases de Gertrude Stein en cadences rythmiques, rejoint la synesthésie partielle de Michel Alexis, où la transcription des mots se mêle instinctivement au dessin et à la couleur.

Le résultat devient une sorte de peinture en suspension, sans référence historique, sans passé, présent ou avenir, et pourtant qui existe dans le temps, ou bien à l’intérieur du temps, comme une forme de méditation. Ce sont des peintures qui cherchent un sursis dans l’espace, une authenticité synoptique, une fusion esthétique, où l’expérience est moins contingente du sens que de la profonde absence de sens.

Ce que l’on perçoit de ces peintures est un sens de l’espace où les éléments linéaires n’imposent pas graphiquement un sens érotique au corps de la peinture, mais fonctionnent plutôt comme un sous-vêtement; ils donnent à la surface délicatement et subtilement une tonalité érotique singulière, exacerbant le désir de la parcourir visuellement, d’y pénétrer, de s’y perdre.

Michel Alexis est passé par le portail de l’art conceptuel, qu’il prend en compte, et s’est retrouvé du côté de la peinture. Il a retrouvé la dimension obsessionnelle, l’aura de la peinture, en explorant les racines du langage à travers un vide, une absence donnée à Éros.

Extraits texte de Robert C. Morgan, Michel Alexis — Absence et Eros, 2012.

Vernissage
Samedi 9 juin 2012 à 16h

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