ART | CRITIQUE

Off the Wall, Le Spectacle du quotidien

PJulie Silberberg
@17 Oct 2009

En accueillant, pour la Xe biennale de Lyon, les travaux de Sophie Dejobe et Bertrand Lacombe, la fondation Bullukian restitue à l’art contemporain sa dimension politique.

L’œuvre de Sophie Dejode et de Bertrand Lacombe, Off the Wall, présentée à la Fondation Bullukian, est à forte tonalité politique. Espace dans l’espace, architecture dans l’architecture, il s’agit d’une installation qui s’élève dans la cour de la fondation comme une imposante forteresse éphémère en bois.
Dans cette structure haute de trois étages sont programmés durant toute la durée de la Biennale de nombreux événements. Musiciens, performers et autres artistes de toutes disciplines se succéderont dans ce lieu conçu comme une alternative organisée autour du principe d’autogestion.

Autour d’un chaudron qui occupe la place centrale du lieu, les spectateurs sont invités à partager des repas préparés par Sophie Dejode et Bertrand Lacombe et à participer, entre bals et débats, à ce que les artistes nomment «la seconde réalité».
A l’inverse d’un lieu utopique qui ne serait pas, Off the Wall se présente comme un contre-espace destiné à neutraliser le pouvoir institutionnel. Inscrit dans le projet évolutif Floating Land entamé en 2001, Off the Wall se réfère aux hétérotopies de Michel Foucault et tente d’ouvrir un espace-temps capable de dépasser la léthargie de la critique actuelle.

Mais ce château libertaire est paradoxalement pris dans la vaste entreprise de la Biennale, et, malgré son désir de retrouver la subversion de l’art des années 1960, il peine comme la plupart l’art actuel, à s’affranchir de la vague institutionnelle des années 1980.

Cette exposition de la Fondation Bullukian soulève la question épineuse de l’efficacité, dans le contexte artistique actuel, d’un art dit «politique».

Sophie Dejode, Bertrand Lacombe
Off the Wall, 2009. Installation, bois, tôles, métal, peinture, système son, système vidéo, équipement de cuisine.