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Le Shop : Close

02 Nov - 30 Nov 2004

Vues utopiques de la vie contemporaine et urbaine. La ville utopique perçue comme le lieu du nulle part, celle qui peut permettre de rêver à un ailleurs meilleur et révèle les angoisses tout autant que les fantasmes. Cinq artistes se concentrent sur la cité, ses activités, ses hommes, des problèmes à travers installations, peintures, vitraux chimiques, photos, dessins et masques.

«Close»
Le Shop

L’événement
Communiqué de presse

L’exposition «Close», propose une vision utopique de la vie contemporaine et urbaine. Elle se tient dans un magasin de tendance —le Shop, qui est un lieu emblématique de «l’urban attitude».

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Centrée sur elle-même, la ville définit ses désirs et ses contraintes, ses codes et ses métamorphoses en fonction d’elle-même. Sa tendance est de s’extraire du monde tout en voulant «être» le monde. Nombre d’œuvres contemporaines trouvent leur origine dans ces contradictions et s’inscrivent dans l’héritage du désir utopique.

Au XXe siècle le phénomène d’urbanisation rapide est devenu l’une des préoccupations dominantes. Les mots «urbanisme», «city-planning», «Städtebau» apparaissent à l’époque moderne, mais dès le XVIIIes, par ce que la ville concentre activités et hommes sur une fraction d’espace, les problèmes sociaux surgissent favorisant la naissance d’une réflexion critique et suscitent des vagues d’utopies. Dans la majorité des cas, ces «contres-sociétés» sont dites de «contre-espaces» destinés à permettre la mise en place de nouvelles institutions. Le mot utopie, du grec «ou topos», suggère l’idée d’une ville située «nulle part». C’est pourquoi la cité utopienne sera close sur elle-même, à fin d’éviter une contamination de l’extérieur. Il s’agit, en prenant le prétexte d’un ailleurs imaginaire mais ancré dans le réel, de critiquer le présent, ses insuffisances et les souhaits que ces dernières suscitent.
Apparaît ainsi la fonction, à la fois critique et anticipative de l’utopie, qui a été négligée par ses critiques réalistes. Certaines constructions abstraites, qu’elles soient édifiées au nom de la science, de la religion ou de la métaphysique, sont à l’origine d’entreprises qui veulent forcer le réel et risquent d’aboutir au totalitarisme.

On s’aperçoit que :
– Le contre-espace de l’utopie est toujours présenté sous forme d’images et non de règles arbitraires.
– Cet objet iconique a valeur de modèle fixe et fixé sur quoi le temps n’a pas de prise.
– L’espace utopique est toujours affecté d’une valeur positive ou négative (par ce qu’il tend à réaliser de nouveaux désirs, mais que son extension désunit les consciences).

L’utopie est essentiellement équivoque. Comme l’art, elle est dans son contenu même, attachée à son temps.

L’exposition «Close» présente les œuvres d’artistes dont les travaux sont autant de représentations artificiellement magnifiées de la vie urbaine.

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Les artistes

Stéphane Belzère
Les vitraux chimiques de Stéphane Belzère prolongent le travail de peinture commencé d’après sa collection de bocaux alimentaires et poursuivie au Muséum d’Histoire Naturelle d’après les collections de bocaux anatomiques. Il dispose sur une étagère les flacons anonymes (sans étiquetage) de nos besoins domestiques, cosmétiques et corporels. Attention, vous êtes dans le bocal.
Stéphane Belzère est représenté par la galerie RX (Paris).

Ariane Brun
Régime exclusif de l’Image qui l’a emporté sur l’aventure des corps et des paroles » les photographies d’Ariane Brun sont à la fois mélancoliques et merveilleuses, composé de curiosités, d’éléments naturels et de lumière artificielle. Elles laissent voir des espaces virtuels méticuleusement scénographiés, mythifiés, dans le dédoublement d’un miroir qui ré-affirme qu’une scène reste avant tout une scène.

Anne Ferrer
Les fleurs est un projet autour de l’idée de ravissement, qui mettrait en chantier une somme importante de moyens, «presque trop«, pour offrir un questionnement sur le rapport conflictuel et permanent que l’art entretient entre le futile et l’essentiel, l’artifice et le naturel, la passion et la raison et surtout entre le plaisir et le sérieux.
Anne Ferrer est représenté par la galerie Nathalie Obadia (paris).

Philippe Hurteau
Philippe Hurteau est un peintre qui produit aussi des images numériques. À partir d’images captées sur les écrans, retravaillées sur ordinateur, puis peintes, il tente de saisir la condition contemporaine des individus. Pour l’exposition, il présentera une oeuvre récente.
Philippe Hurteau est représenté par la galerie Zürcher (paris).

Hervé Ic
Hervé Ic donne cette impression urticante de circuler dans le connu et en même temps d’avancer sans repère, d’être constamment déstabilisé. Au-delà de l’illustration d’un thème d’aujourd’hui, les Raves apparaissent comme un formidable espace de liberté. Tout arrive dans les Raves: ce qui émerveille et ce qui horrifie, ce qui éveille et ce qui abrutit.

Regine Kolle
«Kai-Y», la créature de Regine Kolle parle allemand dans ses films d’animation. Ils sont faussement bâclés, comme sa peinture qui s’inspire du dessin que l’on fait à la souris devant son ordinateur. Le dessin est imparfait, les tâches difficiles à maîtriser, comme la démarche un peu lourdingue de ses protagonistes. Ils se suivent, se rencontrent, mangent et s’ennuient dans un petit jeu d’insertion du monde à l’écran.
Regine Kolle est représenté par la galerie Alain le Gaillard (Paris).

Renaud Regnery
Les masques de Renaud Regnery surgissent comme une image subliminale pour simuler les visages de la vie quotidienne, anonyme et schizophrène, tel des spectres sans âmes aux airs de faux-amis.
Peints avec une méticulosité clinique tout à fait réaliste, ils font suite à la série des fragments de corps que l’on avait vue à l’exposition « première vue » du passage de Retz.

Maxime Touratier
Le travail de Maxime Touratier se compose de photographies, de jeux de lumières et de dispositifs. Sans linéarité apparente, celui-ci est animé par l’interrogation permanente des failles de l’Image. Ses réalisations se basent sur des jeux de langage et de technique, pour créer une translation visuelle. Au cœur du travail prédomine une certaine idée de l’acte photographique, nourri par le désir d’une révélation.

Infos pratiques
> Lieu
Le Shop
3 rue d’Argout. Paris 2e
M° Etienne Marcel
> Horaires
du mardi au samedi de 11h à 19h, lundi de 13h à 19h
> Entrée libre

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