ART | EXPO

Le Secret des Anneaux de Saturne

08 Sep - 23 Oct 2011
Vernissage le 08 Sep 2011

Frédéric Teschner est allé à la découverte du fonds documentaire conservé à la bibliothèque de la maison d'art Bernard Anthonioz. En graphiste, il a glané, ici ou là, au gré des pages feuilletées, sur une couverture ou une carte postale, des morceaux d'images avec lesquelles il compose d'autres images qui se déploient dans l'exposition.

Frédéric Teschner
Le Secret des Anneaux de Saturne

En s’engageant il y a quatre années en direction du graphisme, à consacrer chaque automne une exposition à ce champ de création, la Maison d’art Bernard Anthonioz s’insérait dans la controverse plus globale de l’exposition des arts appliqués. Car, en effet, le lieu d’élection de la monstration de l’art autonome qu’est l’exposition, constitue à la fois une opportunité de valorisation de ces disciplines et une possible perte de vue de leur valeur d’usage.

Pour contrer cet écueil conceptuel, une direction singulière à été prise. Plutôt que d’exposer le graphisme comme on exposerait de la peinture ou de la photographie, pourquoi ne pas considérer l’exposition elle-même comme un champ d’application? L’espace de l’exposition devenant ainsi un terrain d’expérimentation graphique au même titre qu’une page blanche.

Ainsi en 2006, Jean-Marc Ballée ouvrait le bal en disséminant, dans le parc de la Fondation, ses mobiliers propices à la pause contemplative, suivi par l’atelier Change is good qui transformait l’espace en vaste cahier de coloriage. En 2008, le néerlandais Harmen Liemburg poussera cette logique jusqu’à l’in situ pour excaver des rayons de la bibliothèque la matière visuelle à déployer dans l’exposition. Enfin, la proposition de 2009 se concentra sur l’idée d’un graphisme, à la fois médiateur, curateur et support d’une création artistique plus large.

Le projet «Le Secret des Anneaux de Saturne» du graphiste français Frédéric Teschner s’inscrit dans la poursuite de cette logique mais explore les modalités de mise en place d’une exposition dont le matériau visuel et plastique est l’objet-livre.

Ainsi, Frédéric Teschner est allé à la découverte du fonds documentaire conservé à la bibliothèque de la maison d’art. En graphiste, il entendait moins y trouver un contenu littéraire ou théorique, qu’un contenu visuel. Il a glané, ici ou là, au gré des pages feuilletées, sur une couverture ou une carte postale, des images, des morceaux d’images avec lesquelles il compose d’autres images qui se déploient dans l’exposition.

Ces objets graphiques disséminés dans l’espace sont à la fois son contenu visuel et les supports de textes proposés par différents intervenants. En effet, toujours dans la poursuite de l’initiative de la fondation, Frédéric Teschner a voulu associer Pierre Bernard (graphiste), Stephane Calais (artiste), Thierry Chancogne (graphiste), Jean-Marie Courant (graphiste), Éric Degoutte (directeur de centre d’art), Alexandre Dimos (graphiste), Alexandra Fau (critique), Chloe Floira (critique), Vanina Pinter (critique), Stefan Shankland (artiste), à la question du statut et du rôle du graphisme aujourd’hui. Leurs réactions sont disponibles pour le public dans le parcours d’exposition.

Enfin, Frédéric Teschner a souhaité montrer une sélection de ses travaux déjà réalisés. Celle-ci accompagne les productions créées pour l’exposition.