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Le Retour du réel. Situation actuelle de l’avant-garde

A propos de l’art de la fin du XXe siècle, l’auteur met en place le paradigme de «retour du réel» comme contrepoint au minimalisme et au conceptualisme dominants des années 1970, ainsi qu’au simulationnisme postmoderne des années 1980. Également une lecture critique sur les rapports entre les avant-gardes historiques et la néo-avant-garde. Une ambitieuse fresque historique et politique de cet art engagé dans les enjeux de son temps.

— Auteur : Hal Foster
— Éditeur : La Lettre volée, Bruxelles
— Collection : Essais
— Année : 2006
— Format : 15 x 21 cm
— Illustrations : Noir et blanc
— Pages : 288
— Langue : Français
— ISBN : 2-87317-218-5
— Prix : 29 €

Présentation
Hal Foster est l’un des éditeurs de la revue October. Il reprend à son compte les principes critiques des créateurs de cette revue des années 70, R. Krauss et B. Buchloh. Il s’agit de réfléchir la méthode des textes critiques en s’appuyant sur les acquis du Structuralisme et du Poststructuralisme qui proposent une vision non idéaliste de l’histoire. Dans Le retour du réel, recueil de textes et articles publiés en 1996, aux États-Unis, le passé éclaire le présent. L’auteur explique dès l’introduction qu’il s’agit de «retracer quelques généalogies artistiques et théoriques depuis 1960, mais uniquement en vue d’approcher l’actuel» La question essentielle est : «qu’est-ce qui produit le présent comme différent, et comment le présent cristallise-t-il à son tour quelque chose du passé ?». Ainsi, les historiens de l’art moderne ne sont véritablement intéressants que dans la mesure où ils sont aussi des critiques incisifs de l’art contemporain, ce qui permet de renouveler les critères pour l’étude de l’art moderne et pour celle de l’art contemporain.

Le retour du passé est considéré comme la manifestation du réel : des auteurs qui prennent la mesure de cette nécessité, sont sollicités et notamment Michel Foucault et son texte «Qu’est-ce qu’un auteur ?», de 1969, où Marx et Freud sont posés comme «instaurateurs de discursivité». Sur ces bases de lectures et critiques rigoureuses des savoirs philosophiques, de la critique, des pratiques artistiques passés, la théorie de l’après-coup, directement empruntée à Freud, se construit. L’utilisation de Benjamin et Lacan permet de déceler le rapport d’après-coup qui semble régir le passage de la modernité à la postmodernité.

La notion d’avant-garde est alors redéfinie, de l’avant-garde historique à la néo-, puis post- pour l’après-guerre. Bürger est alors sollicité. Hal Foster parvient à la définition suivante : l’avant-garde historique se définit comme «une co-articulation cruciale des formes artistiques et politiques». Le temps endosse la fonction de concept opératoire : «Un événement en s’enregistre qu’à travers un autre qui le code ; nous en arrivons à n’être qui nous sommes que dans l’après-coup.»

La question du temps amène celle de la distance qui pointe elle-même celle du passage : passage du modernisme au postmodernisme, passage du sujet au texte, passage du sujet individuel à l’autre culturel. C’est l’occasion pour l’auteur de réfléchir à la posture «ethnographique» de l’artiste.

L’auteur
Hal Foster enseigne l’histoire de l’art moderne à l’Université de Princeton. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages qui interrogent les rapports entre l’art contemporain, la culture moderne et le capitalisme à l’ère de la globalisation.

English translation : Laura Hunt