ART | EXPO

Le laboratoire de Monsieur Deshimaru

29 Mai - 25 Juil 2015
Vernissage le 28 Mai 2015

Des livres de l’auteure japonaise, Yoko Ogawa, filtre une «inquiétante étrangeté». Cette exposition est une invitation lancée aux artistes de la galerie à réagir à la lecture de son roman L’annulaire. Chacun d’entre eux a abordé l’ouvrage sous un angle particulier, certains s’attachant à l’histoire d’un personnage, à l’évocation d’un lieu ou d’un objet...

Delphine Deguislage, Franck Gérard, Angélique Lecaille, Briac Leprêtre et Julie Portier, Benoit-Marie Moriceau, Jean-Claude Pondevie, Silvana Reggiardo, Yann Thoreau, Patrick Tourneboeuf, Thomas Tudoux
Le laboratoire de Monsieur Deshimaru

Le laboratoire de Monsieur Deshimaru, exposition collective présentée à la galerie Mélanie Rio cet été, est une invitation lancée aux artistes de la galerie à réagir à la lecture du roman L’annulaire de Yoko Ogawa.

Des livres de Yoko Ogawa filtre une «inquiétante étrangeté». L’auteure japonaise déploie un univers où se manifestent des évènements singuliers, étranges, le réel y est imprégné de surnaturel.
L’histoire relatée dans l’Annulaire prend place dans un laboratoire logé dans une ancienne pension de jeunes filles où plane le souvenir d’une époque révolue. Un taxidermiste, Monsieur Deshimaru, personnage énigmatique, prépare, conserve et archive des objets dépositaires d’histoires singulières, confiées par des clients désireux de s’en libérer.

«Le sens de ces spécimens est d’enfermer, séparer et achever. Personne n’apporte d’objet pour s’en souvenir encore et encore avec nostalgie. […] faire un spécimen ne revient-il pas à l’enfermer pour toujours à l’intérieur de soi?» (Yoko Ogawa).

Chaque artiste a abordé ce livre sous un angle particulier, certains s’attachant à l’histoire d’un personnage, à l’évocation d’un lieu ou d’un objet: les chaussures de la jeune fille dessinées par Yann Thoreau ou la chambre désormais vide de l’une des pensionnaire qu’illustre la photographie de Jean-Claude Pondevie.

Franck Gérard, Delphine Deguislage, Benoit-Marie Moriceau et Thomas Tudoux nous invitent à découvrir leur propre spécimen: réminiscence d’une histoire douloureuse, portrait de l’artiste ou memento mori.
Inspirée de photographies de la tribu Selk’Nam réalisées au début du XXe siècle en terre de feu par Martin Gusinde, un missionnaire allemand, Angélique Lecaille reproduit un fuseau, objet rituel de cette tribu. L’échelle amplifiée de la pièce fait écho aux représentations fantasmatiques des peuples Patagons transmises par les écrits des explorateurs du XVIe siècle.

Silvana Reggiardo et Patrick Tourneboeuf se réfèrent au spécimen dans sa vocation représentative sous la forme d’un échantillon de paysage, interrogeant le statut de l’image comme objet de représentation et de projection. Ponctuant l’exposition par leur apparition fortuite, les textes elliptiques de Julie Portier et les illustrations à l’encre de Briac Leprêtre sont extraits d’un projet d’édition en cours, Les pots Cassés, une collection d’histoires et de souvenirs cristallisés autour d’un objet.

«Le laboratoire de Monsieur Deshimaru» peut être perçu comme une ouverture sur l’imaginaire de Yoko Ogawa. Entre réalité, souvenir et fantasme, la découverte des œuvres présentées dans l’exposition procure au visiteur un lancinant sentiment d’étrangeté et de familiarité.