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Le Capitaine de vaisseau

07 Nov - 13 Déc 2014
Vernissage le 07 Nov 2014

Marine Lanier poursuit une œuvre photographique fortement influencée par la littérature et le cinéma. Par une approche à la fois documentaire et fictionnelle, elle interroge ici la mémoire des grandes expéditions et la mythologie de l’ailleurs, ainsi que leurs conséquences contemporaines et leurs rémanences dans l’imaginaire collectif occidental.

Marine Lanier
Le Capitaine de vaisseau

«Le Capitaine de vaisseau» est le premier volet d’une trilogie familiale où généalogie et légende s’entrecroisent dans un espace fait de bruit et de fureur. Les nappes de passé remontent dans le présent comme des images prêtes à se révéler, enfouies depuis bientôt un siècle. Quelque chose de souterrain remonte à la surface.

A partir de récits collectés auprès du cercle familial — une installation photographique est conçue en écho à la chute des Empires. Un monde englouti où les résurgences tactiles et sensorielles sont comme les éclosions de l’histoire coloniale. Des objets de pouvoir traversent le temps et l’espace, telle l’épée d’apparat de mon arrière grand-père, certains atlas retrouvés du début du siècle, et autres écussons de Marine. Ailleurs ce sont la poésie étrange des superstitions de marins, vaisseaux fantômes, maladies inconnues, oiseaux de présages, animaux ensorceleurs et carcasses de navires.
Plus loin, un jeu de carte rongé par le temps et l’eau.
L’as de pique surnage dans la cale d’un naufrage, symbole à la fois mystérieux et prosaïque de la conquête vaine et de la lutte avec cet «autre». Se tisse alors un réseau de signes obscurs, irrationnels, appartenant aux seuls initiés.

L’espace littéraire du livre Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad, imprègne les images. Sa géographie renvoie aux jungles luxuriantes de contrées incertaines.
De temps lointains, ceux de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. C’est alors toute une mythologie de l’ailleurs qui se déploie, celle de la flamboyance exotique des découvertes, où les splendeurs les plus folles côtoient les décadences les plus infernales.

Par une approche à la fois documentaire et fictionnelle, j’interroge ainsi la mémoire de ces expéditions, cette fièvre des tropiques, leurs conséquences contemporaines et leurs rémanences dans l’imaginaire collectif et l’inconscient occidental. Cette simultanéité dont nous faisons sans cesse l’expérience dans le monde, où rien ne se produit de manière isolée, où toute chose traîne dans son sillage ce qui se passe ailleurs, dans le passé comme dans le présent.

Un monde où l’on retrouve les vivants, les morts et les marins.

Marine Lanier

Vernissage
Vendredi 7 novembre 2014 à 18h30