ART | EXPO

Le CAPC a 40 ans !

28 Fév - 28 Fév 2013
Vernissage le 28 Fév 2013

Le Capc a 40 ans! Centre d’Arts Plastiques Contemporains devenu musée en 1984, le Capc affirme depuis quarante ans son ancrage dans le présent. Et pour cette année 2013, la programmation a été peaufinée pour faire cohabiter performances et expositions entre passé et présent.

Allan Kaprow, Raphaël Hefti, Philip Newcombe, Tristan Garcia, Hello Bye Bye
Le CAPC a 40 ans !

Façonné par les cultures contemporaines, le CAPC est un lieu pour tous dans lequel l’apprentissage des enjeux de la culture passe par la découverte de l’art de notre temps. Le CAPC, abrité et inspiré par la puissance physique de l’Entrepôt, -son bâtiment- relaie depuis quatre décennies une programmation pionnière et internationale.

2013 est donc une année importante pour l’histoire du CAPC. Programmations artistiques et culturelles ont été pensées en conséquence. Passé, présent et émergence se côtoient ainsi dans une programmation annuelle à géométrie variable, chaque projet ayant une taille et une temporalité propres. Cela afin de regarder, ensemble, avec des artistes, des performers, des musiciens et des philosophes notamment, comment archives, formes inédites, concepts émergents donnent la parole au présent.

Entre exposition-anniversaire, néo-monographique, réinvention et table d’orientation le CAPC met en scène le régime contemporain des images, rappelant autant son rôle de générateur/incubateur dans le champ culturel que son statut de machine à rêves branchée sur les cultures de son temps.

— Allan Kaprow, « Yard », 1961-2013
40 tonnes de pneus sont déversées dans la nef du CAPC. Et Yard est « réinventé ».

Environnement culte de l’artiste américain Allan Kaprow (1927 – 2006) Yard connaît dès sa première intrusion dans la cour de la Galerie Martha Jackson à New York en 1961 le succès.

Les visiteurs se déplacent tant bien que mal sur des piles de pneus qu’ils réarrangent à volonté. L’art et la vie se confondent. Depuis, Yard se réinvente plusieurs fois par an dans le monde, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Un tel niveau d’adaptabilité pour une œuvre peut sembler aujourd’hui incroyable. Il l’est. Et l’idée est d’autant plus forte que l’impact est visuel.
Réinventé dans les proportions pharaoniques de la nef, Yard fait office dans ce contexte de socle ou fondement métaphorique d’une histoire, celle du CAPC, et pose, du fait de l’instabilité qui le caractérise, la question de l’anti-scène.

— « La Sentinelle, Conversations, dédicaces et autres partitions »
Le CAPC invite Didier Arnaudet, fidèle observateur et compagnon de route du CAPC depuis le début de son histoire, à concevoir une exposition-anniversaire.
D’abord pris par la poésie, directeur de revues comme A haute voix et Zone, il rencontre le fondateur du CAPC, Jean-Louis Froment, en 1973 qui le sensibilise à l’art contemporain. Quelques mois plus tard, il commence à écrire pour la revue Artpress, puis devient son correspondant à Bordeaux.

Une partie de sa mémoire de critique est intimement liée à l’histoire du CAPC. Cette mémoire vive, précise et sobre, a été mise à contribution pour concevoir l’exposition.
Ecrite comme une partition dans laquelle des œuvres de Sol LeWitt, Robert Combas, Daniel Buren et Nan Goldin notamment côtoient des morceaux choisis de Philippe Sollers, Georges Didi-Huberman, Jacques Derrida ou encore Dominique Fourcade, La Sentinelle est une exposition-puzzle où textes et images, parce qu’intrinsèquement mis en relation, interrogent le musée comme ses perspectives imaginaires.

— Raphaël Hefti, « Nature more »
Depuis quelques années, Raphael Hefti intervient sur des processus matériels, manipulant et transformant les substances. Ce qui crée des images et objets étonnants.

Issu d’une formation d’ingénieur, passionné par la manière dont les choses sont faites aussi bien que par ce qu’elles peuvent faire, Hefti mène des expériences pseudo-scientifiques qui défient les mécanismes de fabrication industrielle et finissent par détourner les objets de leur état d’origine.

Une fois découverte l’erreur dans le processus industriel, il la pousse jusqu’à ce qu’elle produise une transformation esthétique, jusqu’à ce que l’accident devienne une force productrice. Les résultats de ces recherches déviantes sont présentés dans l’exposition.

Né en Suisse en 1978, Raphaël Hefti a suivi une formation en électronique avant d’étudier l’art, le design et la photographie.

— Philip Newcombe, « Pollen »
Philippe Newcombe altère avec finesse des objets quotidiens dénués d’intérêt, générant à travers les manipulations qu’il opère par rapport à leur fonction d’origine une multiplicité de récits possibles.

Ces objets, comme un ballon de plage qui se dégonfle ou un morceau de papier plié et porté dans la poche arrière, dépassent le cadre spatio-temporel de l’exposition. Certains s’érigent en monuments performatifs comme le fait d’avoir sucé un gobstopper ou laissé tomber un bout de fil.

S’ils sont parfois insaisissables, les objets de Philip Newcombe n’en restent pas moins soucieux de communiquer directement et de façon intime avec celui et celle qui les regardent.

Né en Allemagne en 1970, Philip Newcombe vit et travaille à Londres. Ses travaux récents ont été exposés à Londres, Rotterdam, Paris, Melbourne et Bordeaux.

Jeudi 28 février 2013
— à 18h, Conférence du philosophe et romancier Tristan Garcia, sur « l’intensité » et prenant place sur l’environnement « Yard ».
— à 20h, Clôture du vernissage par un concert du groupe Bordelais « Hello Bye Bye » sur les pneus de « Yard ».