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Lauréats 2010 du prix HSBC pour la Photographie

08 Oct - 06 Nov 2010
Vernissage le 08 Oct 2010

En partenariat avec la Fondation HSBC, l'Atelier Soardi présente l'exposition de Lucie & Simon et de Laurent Hopp, lauréats 2010 du Prix HSBC pour la Photographie.

Lucie et Simon, Laurent Hopp
Lauréats 2010 du prix HSBC pour la Photographie

Laurent Hopp intrigue avec ses paysages nocturnes de périphéries urbaines à la lumière très travaillée. Il redessine par la lumière et les atmosphères ces lieux pas si communs et nous pousse aux portes d’un autre monde.

On ne sait trop, face aux images de Laurent Hopp, s’il faut d’abord parler de paysages ou d’ambiances, les deux étant étroitement liés. Autrement dit, ce qui se dégage de ces photographies c’est d’abord un climat, celui particulier des frontières, non seulement des territoires mais aussi des luminosités.

Apparemment nous sommes dans un milieu urbain, à tout le moins périphérique, mais rien n’est moins sûr. Les repères s’estompent –début ou fin de nuit– dans la lumière étrangement colorée de l’éclairage public.

Ces chaussées qui ont l’air de se terminer en cul-de-sac, ces carrefours dont les branches s’estompent on ne sait où, contribuent à créer un véritable univers nocturne dont les limites se fondent dans une nature improbable mais familière.

L’élément le plus important de ces images est sans aucun doute la végétation qui empreint ces paysages semi-urbains, les enveloppe et dès lors réduit l’impact de l’éclairage des lampadaires ou des néons.

Prises en hiver ces photographies seraient totalement différentes et ne bénéficieraient pas de cette ambiance particulière induite par la nature environnante, elle-même en partie artificielle. Dans ces nuits estivales désertes, les tonalités de verts denses et profonds, de rouges parfois plus diaphanes entretiennent une parfaite ambiguïté.

Ces portions de territoires aux marges des agglomérations, ces routes vides et rectilignes, ces constructions fantomatiques nous intriguent, sans doute parce que, trop réelles, elles pourraient nous donner l’illusion d’un décor, celui d’une dimension cinématographique.

Lucie et Simon
, duo franco-allemand qui travaille ensemble depuis 2005, proposent un point de vue pictural sur l’intimité. Pour servir leur propos, ils ont recours à une perspective pour le moins originale: une vue plongeante.

Lucie et Simon travaillent ensemble à Paris depuis 2005. Ils se sont fait connaître par une première série Earth Vision, montrant des vues nocturnes d’environnements urbains façonnes par la lumière artificielle. C’est peu dire que l’on plonge au propre et au figuré dans leur nouvelle série, Scènes de vie.

Elle met en représentation une ou plusieurs personnes dans leur environnement familier, et à un moment bien précis de la journée, celui du relâchement et de la détente dans une intimité personnelle non partagée, comme au cours d’une sieste bienvenue, d’un moment de rêverie inopinée ou d’une baignade décompressante. Une mélancolie certaine se dégage de ces instants.

Ce qui frappe ensuite, c’est le point de vue adopté: toutes les prises de vues sont opérées à la verticale de la scène choisie. La première impression qui s’en dégage, c’est que ces images, plus que toutes autres, semblent être prises à l’insu des personnages qui en sont les protagonistes.

La délicatesse des mises en scène, un certain abandon des personnages, la spontanéité des attitudes, la banalité des activités, renforcent cette impression d’intrusion visuelle, de voyeurisme parfois, comme si l’on s’était trompé de porte pour se retrouver chez le voisin.

Le basculement de la perspective, l’écrasement de la profondeur de champ, la mise à plat de la frontalité déstabilisent l’oeil et, paradoxalement, nous invitent à regarder les Vertiges du quotidienne sous un tout autre angle.