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L’art de voir les choses

01 Mar - 14 Avr 2012
Vernissage le 01 Mar 2012

Cette exposition met à l’honneur neuf artistes ayant chacun un langage visuel très distinct, mais dont les œuvres entretiennent toutes un lien très étroit avec le monde. La diversité des formes présentées ne saurait donc nous faire oublier cette caractéristique essentielle: la photographie part de la vision et s’enracine dans le monde.

Christopher Taylor, Marina Berio, Bohnchang Koo, Claudine Doury, Ingar Krauss, Sarah Moon, Denis Brihat, Takuji Shimmura, Françoise Nuñez
L’art de voir les choses

L’art de voir les choses: c’est, d’une certaine façon, les amener à l’existence.

Un naturaliste – ou un chasseur – voit beaucoup plus de choses qu’un promeneur distrait, et la forêt s’enrichit de multiples présences sur son passage. Ainsi le photographe se promène dans le monde avec un œil qui sait l’habiter d’images.

Bien sûr, la photographie n’est pas que cela, mais l’envisager sous cet angle simple, primordial, nous permet de mettre en avant une caractéristique pour nous essentielle: la photographie part de la vision, de choses vues, et son lien avec le monde est sa grande force, son atout.

Il est utile de le rappeler à l’heure où ce lien se distend de plus en plus avec les possibilités du numérique. Les neufs artistes que nous présentons dans cet accrochage ont chacun un langage visuel très distinct, mais qui respecte, entretient, explore ce lien étroit entre la photographie et le monde.

Christopher Taylor est né en 1958 à Skegness, Angleterre. Il habite en France. Des liens familiaux l’ont souvent amené en Islande où il poursuit par intermittences depuis 15 ans un travail photographique dont nous présentons quelques images. Il écrit à propos de cette série: «Le dehors et l’intime sont désormais deux mondes séparés; Pourtant, il n’en fut pas toujours de même; et dans ce pays (l’Islande) où la nature n’a pas encore été asservie par l’homme, je perçois le très ancien sentiment du terrible».

Sarah Moon est née en France en 1941. Elle vit à Paris. Nous montrons un choix de tirages au charbon couleur de natures mortes.

Ingar Krauss. Né en 1965 à Berlin, RDA. Vit et travaille actuellement à Berlin, Allemagne.
Travaillant ses tirages à la peinture à l’huile, il leur donne une matérialité exceptionnelle. Ingar Krauss a photographié la communauté de chasseurs de son village, près de la frontière polonaise. Nous exposons des images de tableaux de chasse, teintés de classicisme, extraits de cette série.

Marina Berio est née en 1966 aux USA. Elle a grandi à New York (où elle réside actuellement) et en Italie. Elle photographie et elle dessine au fusain sur papier d’après des négatifs photographiques.

Claudine Doury est née à Blois en 1959, elle vit à Paris. Passionnée par les confins de l’Europe et de l’Asie, elle a notamment réalisé dans les années 90 un travail en noir et blanc sur les peuples de Sibérie. Elle travaille maintenant en couleur, mais nous sommes heureux de montrer quelques images de cette série qui reste une réussite remarquable.

Bohnchang Koo habite Séoul où il est né en 1953. Photographe majeur de la scène contemporaine en Corée, il est un inventeur prolifique de formes, développant des séries sur des thèmes très variés qui ont en commun une singulière beauté.

Denis Brihat est né en 1928 à Paris. Il vit dans le Lubéron depuis les années 50. Il a développé depuis plus de 50 ans une œuvre basée sur la représentation de la nature à travers une technique de tirage unique, qu’il exerce en orfèvre.

Françoise Nunez est née en 1957 à Toulouse. Elle vit à la Ciotat. De ses voyages en Inde, Afrique, Japon, ou Amérique du Sud, elle ramène des images à la fois méditatives et totalement immergées dans la quotidienneté du monde.

Takuji Shimmura est né en 1966 à Osaka. Il vit à Paris. Son travail oscille entre deux pôles: celui d’une étude distanciée de lieux périphériques de grandes villes (Paris, Erevan, Tirana) et une recherche sur l’essence de l’image photographique.
Dans la série Eastern cars, la représentation s’éloigne d’une simple analogie pour nous amener vers une interrogation sur la forme. Le lien au réel persiste, mais sous une forme qui intrigue le regard et le met dans une position instable et dynamique: devant ces images floues de voitures, il essaie de rétablir le point, avant de s’abandonner à la contemplation.