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La Tombe du plongeur

Communiqué de presse
Magali Milian et Romuald Luydlin
La Tombe du plongeur

Horaires : 20h30
Durée : 55 min
Lieu : salle Jean-Pierre Vernant

— Chorégraphie et interprétation : Magali Milian et Romuald Luydlin
— Assistant : Loran Chourrau
— Collaboration artistique : Bruno Geslin
— Création lumière : Pascale Bongiovanni
— Musique : Patrick Codenys + Pansonic + Pixel
— Arrangements et régie son : Valérie Leroux
— Scénographie : La Zampa
— Construction décor : Jacques Masliah
— Réalisation et montage video : Loran Chourrau, avec Sylvain Huc, Romuald Luydlin, Magali Milian
— Moyens techniques : Le Petit Cowboy / La Zampa

On peut aborder la nouvelle création de La Zampa en dépliant cette seule image : la tombe du plongeur. Le vide qu’affronte le plongeur au moment du saut menace de l’engloutir, de devenir sa propre tombe. C’est dans cet instant impossible à circonscrire, cette confrontation au gouffre — entre chute mortelle et éternité — que vient s’inscrire l’expérience du corps qu’explorent Magali Milian et Romuald Luydlin. Dans le moment d’apesanteur qui le maintient entre ciel et terre, avant sa plongée en eaux-troubles, quelque chose se révèle de ses profondeurs, de son « divin secret ». Afin de l’éprouver, ils vont lui faire traverser des moments de turbulence, de cruauté, sonder ses zones d’apnée, de suspension, d’amnésie, de chute — avec cette question : comment réintroduire un autre imaginaire du corps, l’arracher à l’investissement, à la violence de l’histoire, lui redonner une densité, une épaisseur propre ?

Sur le plateau — scindé entre un arrière-plan métallique et une étrange boîte noire — une pile d’écrans est érigée : œil mécanique qui veille, lieu de la fabrication du regard. Chez La Zampa, la fabrique du corps est toujours double : creusée dans la chair et répercutée par la vision. Les danseurs, engagés dans une désorganisation de l’espace, sont aidés d’un vidéaste, observateur actif — filtre au travers duquel les relations se créent. Agissant sur le plateau, sur les objets, les corps, il devient l’œil qui modifie, traite l’image réelle et la fait sienne. Des moniteurs sont déplacés, réorientés, fonctionnant parfois à l’unisson, laissant fuser une image — membre, bouche, visage. Comme des tableaux, ils peuvent donner une texture au corps, et dans le noir briller comme des diamants. Progressivement, l’œil panoptique perd sa centralité, son pouvoir de contrôle. Comme dans un grand monochrome dont les corps seraient le support et le pinceau, le noir envahit tout — la peau, le sol – jusqu’au vide. Inventeurs de leur propre milieu, de leur propre disparition, ils sont rendus à leur qualité de spectres minéraux — blocs de désir inflexibles.

Lien
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