ART | EXPO

La Ténèbre et l’Azur

20 Mar - 14 Avr 2007
Vernissage le 17 Mar 2007

Valentin Carron trouve son inspiration tant dans une culture locale autour de son village natal que dans l’art du XXème siècle pour se poser en producteur critique de nouvelles formes.

Communiqué de presse
Valentin Carron
La Ténèbre et l’Azur

Valentin Carron puise tout aussi impunément dans un rayon de 10 km autour de son village natal que dans l’art du XXème siècle pour se poser en producteur critique de nouvelles formes. Des équerres de faux bois peintes et repeintes dans un style fetish finish accueillent le visiteur à l’entrée de la galerie. Un premier élément de (con)texte est donné par le titre de la série, «Collection jaune souffre», emprunté à un éditeur suisse réputé pour sa collection d’écrits sulfureux. Réaction en chaîneLo SpecchioWasted againPunish YourselfDans sa douleur amèreSans titre.

Des titres de chacune de ces sculptures émanent encore une certaine narration, de nouvelles images se dégagent. A y regarder de plus près, on s’aperçoit que chacun des systèmes qui relient les éléments entre eux est différent: les sculptures se donnent comme un abécédaire de techniques d’assemblage pour apprenti charpentier.

De la contextualisation à la narration potentielle: autant de procédés qui viennent ripper subrepticement contre le concept d’autonomie révéré par l’art moderniste. Et quand Valentin Carron joue de l’appropriation, une méthode chère aux tenants du post-modernisme, ce n’est pas pour reprendre et/ou détourner les images iconiques de l’art du XXème siècle mais pour reproduire en bon peintre les peintures murales anonymes des années 30 de l’église de son village de Fully.

«Je dois approcher quelque chose de l’ordre du spirituel, comme la peinture se veut de l’être dans l’imaginaire collectif» nous confie l’artiste. Ici, les images de partitions religieuses, Sans titre, d’une figure en douleur, Geföltert [torturé] et les rendus en deux dimensions des voûtes de l’église, Encore un hiver, se retrouvent reproduites avec application: peinture tyflex sur bâche plastifiée tendue sur tuyaux galvanisés. Cette tentative malsaine de moderniser le support renforcée par la neutralité du geste pop anéantit à l’évidence la profondeur de l’imagerie sacrée que se réapproprie l’artiste.

2 jours pour convaincre – par le rendu rustique de cette forme éminemment baroque, la colonne torse qui trône dans la deuxième salle de la galerie achève de persuader le spectateur de la cynique opération de nivellement des références culturelles.