ART | EXPO

La table gronde

13 Mar - 17 Mai 2015
Vernissage le 13 Mar 2015

S’inspirant de l’utopie de la Table ronde, Yves Chaudouët installe la partie centrale de sa table gronde de 40 mètres de circonférence à La Criée. Ainsi, il invite le visiteur à s’y asseoir pour échanger, feuilleter, faire, contempler, écouter, etc. Son plateau se transforme occasionnellement en scène nomade accueillant acteurs, orateurs et musiciens.

Yves Chaudouët
La table gronde

Du 13 mars au 17 mai 2015, La Criée présente «La table gronde» une exposition de Yves Chaudouët, artiste associé à sa saison 2014-2015 «Battre la Campagne».

Le principe originel de la Table ronde était de pouvoir se réunir en évacuant le principe même de préséance, le «risque» d’une présidence. Yves Chaudouët part de cette utopie pour installer à La Criée une table ronde si grande — quarante mètres de circonférence — qu’elle ne peut entrer toute entière dans l’espace du centre d’art.

La partie centrale de La table gronde — c’est son titre — est installée à La Criée. Les deux autres parties de la table se retrouvent, demi-lunes satellites, Au bout du plongeoir à Thorigné-Fouillard et au Théâtre de Poche à Hédé. Activées régulièrement, elles se fondent dans le paysage et se confrontent au temps qui passe et qu’il fait.

Que ses morceaux soient en ville ou à la campagne, La table gronde est une invitation à s’y asseoir, à s’y mettre: pour échanger, feuilleter, faire, contempler, ou écouter, etc. Son plateau n’est pas qu’un clin d’œil au spectacle vivant: se transformant à l’occasion en scène nomade, il porte réellement des acteurs, des orateurs, des musiciens.

À La Criée, autour de la table, sont accrochées des peintures sur bois de 40 x 40 cm. Ces tableaux sont des portraits de personnes qui ont posé une ou plusieurs fois pour l’artiste. Partiellement effacés et repris à chaque séance de pose, palimpsestes du temps sur les visages, ces portraits vont et viennent, mobiles, transportables, de passage.

Dans les autres salles du centre d’art, Yves Chaudouët présente deux films inédits: une fiction qui raconte la quête d’un artiste-saumon — interprété par l’acteur Yann Boudaud — à la recherche d’une source perdue; un film en 3D qui prolonge les propos des tableaux et de la fiction en égrenant des portraits filmés, sonorisés par la voix du même Yann Boudaud en train de lire des passages de la dernière parution de l’artiste (Yves Chaudouët, Essai la peinture, 2015).

L’exposition «La table gronde» est une invitation à se demander qui est l’autre: l’autre peint, l’autre filmé, l’autre dit, l’autre lointain, l’autre présent. Il y est question de nomadisme, de donnant-donnant, de jardinage sur le terrain de l’art.
Se demander aussi: comment (va) l’autre?