PHOTO | EXPO

La Photographie performe. The Body and the Archive

05 Oct - 14 Déc 2014
Vernissage le 04 Oct 2014

Comment la photographie est-elle un acte en devenir? Elle donne lieu à une archive vivante. Elle capte ce qui échappe au regard du quotidien, qui se laisse accaparer par l’immédiateté des choses, les nécessités quotidiennes qui ne permettent pas au regard de se poser. Et ainsi elle interpelle le regard, le mobilise, focalise son intensité.

Eric Baudelaire, Mohamed Bourouissa, Gohar Dashti, Simon Fujiwara, Joachim Koester, I-Chen Kuo, Uriel Orlow, Christian Patterson
La Photographie performe. The Body and the Archive

La photographie comme archive connaît un large engouement en tant que document et témoin de l’Histoire, mais aussi parce qu’elle incarne la contemporanéité, les temps présents. Ce médium non seulement représente le monde, mais il le transforme et l’influence.

Comment la photographie agit-elle? Comment est-elle un acte en devenir? La photographie performe-t-elle? Elle se réalise dans un espace-temps qui lui est propre et que nous, visiteurs, partageons. Il est admis que la photographie montre les corps dans le monde, elle permet de capter les micro-réalités de cette présence. Elle donne lieu à une archive vivante. Elle capte ce qui échappe au regard du quotidien, qui se laisse accaparer par l’immédiateté des choses, les nécessités quotidiennes qui ne permettent pas au regard de se poser. La photographie interpelle le regard, le mobilise, focalise son intensité.

La photographie performative traverse les formes, comme le souligne le verbe performer. Il s’agit bien d’inventer de nouveaux parcours, de nouvelles traversées des temps présent, et de voir ce que le réel montre, comment il se manifeste, ce qu’il contient d’inusité, de merveilleux, de redoutable. Ainsi ce projet se décline-t-il sous plusieurs formes: photographies, installations, vidéos, et performances, et réunit-il des artistes de différentes régions du monde.

L’exposition rend hommage à l’artiste américain Allan Sekula (1951-2013) et emprunte son sous-titre à l’un de ses principaux textes. Ce dernier a constitué une remarquable base d’archive des mouvements sociaux les plus brûlants de la fin du siècle. Privilégiant l’instantané et le détail, négligeant les protocoles et le spectaculaire, il réussit à donner à la photographie un élan de performativité qui échappe aux carcans idéologiques de l’Histoire.

Le Centre Photographique d’Ile-de-France est engagé dans une démarche d’expérimentation et de formation. En ce sens, il ouvre ses portes à des commissaires indépendants qui font évoluer les problématiques de l’usage de la photographie dans l’art et son exposition, mais aussi à de futurs professionnels. Il s’était engagé auprès de l’Ecole nationale supérieure de la photographie d’Arles et de l’Ecole normale supérieure de Lyon en 2011 pour accompagner l’exposition «A distances», un projet pédagogique exceptionnel mené avec de jeunes artistes.

Cette année, c’est à la commissaire Chantal Pontbriand, Pontbriand w.o.r.k.s. et au collectif Agency que les clés du laboratoire sont confiées.
Le collectif Agency, formé par les jeunes commissaires du Master 2 professionnel «L’art contemporain et son exposition» (UFR d’Histoire de l’Art et d’Archéologie, Université Paris-Sorbonne), se base sur l’idée philosophique d’agentivité, soit sur notre capacité à agir sur le monde.

La démarche curatoriale de Pontbriand w.o.r.k.s. [We_Others and Myself_Research_Knowledge_Systems] s’appuie sur une approche pragmatiste, sur le travail en commun, le processus et l’investigation.

Agency réunit: Te-Jung Chen, Parand Danesh, Sophie Delhasse, Ana Iwataki, Marilona Kautzmann, Pierre-Alexandre Mateos, Marie-Claire d’Aligny, Raphaëlle Romain, Paola Soave, Lilit Sokhakyan, Charles Tessou, Marion Vasseur Raluy. Le Master 2 professionnel
«L’art contemporain et son exposition» est dirigé par Arnauld Pierre, Professeur à l’Université Paris-Sorbonne.