ART | EXPO

La peau du monde

24 Nov - 30 Déc 2016
Vernissage le 24 Nov 2016

L’exposition « La peau du monde » à la galerie parisienne Jean Brolly à Paris présente une nouvelles série d’œuvres de Bernard Rancillac. Des tissus encadrés forment une peinture sans peinture, dans la lignée des recherches chromatiques, graphiques et métaphoriques de cet artiste emblématique de la Nouvelle Figuration.

L’exposition « La peau du monde » à la galerie Jean Brolly à Paris dévoile sous un nouveau jour l’œuvre de Bernard Rancillac. A plus de 80 ans, l’artiste emblématique de la Nouvelle Figuration s’engage dans une démarche plastique inédite en proposant des tableaux qui ne sont pas des toiles peintes mais des tissus imprimés.

Des tissus tendus sur châssis et encadrés tels des tableaux

Tendus sur châssis, différents pans de tissus, tels que ceux vendus au mètre dans les magasins spécialisés et sur les marchés, pour l’habillement ou l’aménagement intérieur, sont présentés encadrés, comme des tableaux. Chaque pièce reprend de ces derniers le principe usuel de la toile tendue mais se libèrent de la peinture en utilisant directement un élément « ready-made ». La démarche de Bernard Rancillac est cependant très éloignée de celle des « ready-made » de Marcel Duchamp.

Il s’agit ici d’un travail scrupuleusement préparé en amont : chaque tissu est le fruit d’un choix précis effectué par Bernard Rancillac parmi les innombrables matières, textures et motifs proposés à la vente. Si aucune autre action n’intervient directement sur le pan de tissu, l’œuvre résulte d’un regard sélectif, puis d’un processus similaire à celui d’un tableau peint : une mise en scène par la pise sur châssis et l’encadrement.

Les tissus comme fragments de « la peau du monde »

Les œuvres de cette nouvelle série intitulée « La peau du monde » inaugurent un travail plastique inédit qui consiste à peindre sans peinture. La démarche de Bernard Rancillac relève en effet ici des mêmes principes que pour ses toiles peintes antérieures, à la fois par leur processus de création, par leur rendu esthétique et par leur finalité. La juxtaposition des tissus aux motifs et couleurs variés forme un panel graphique et chromatique qui n’est pas sans rappeler les toiles figuratives de Bernard Rancillac.

Comme ses toiles colorées au graphisme précis, le but est de susciter la réflexion, le questionnement et le doute. Les morceaux de tissus encadrés sont autant de fragment de « la peau du monde ». A travers eux se devinent le corps des femmes qu’ils auraient pu revêtir, des corps qui sans être tracés sur la toile, sont suggérés. Présentées isolée ou sous forme de diptyque ou triptyque, les panneaux textiles instaurent un dialogue entre les couleurs, les formes et les cultures.