DANSE | SPECTACLE

La Pastorale

13 Déc - 19 Déc 2019
Vernissage le 13 Déc 2019

La perfection esthétique, musicale comme chorégraphique, est à l'honneur dans le ballet La Pastorale créé par Thierry Malandain sur la 6e Symphonie de Beethoven. La célébration d'une nature idyllique et idéale, digne de l'Âge d'or antique, laisse cependant poindre la crainte contemporaine de sa déchéance.

Pour célébrer les 250 ans de la naissance de Beethoven en 2020, le chorégraphe Thierry Malandain a créé La Pastorale, un ballet pour 22 danseurs sur la 6e Symphonie de Beethoven, ainsi que la Cantate op. 112 et quelques motifs des Ruines d’Athènes. Le spectacle aura lieu en avant-première au Théâtre de Chaillot.

La Pastorale : une perfection musicale et chorégraphique digne de l’Âge d’or

La 6e Symphonie de Beethoven, dite « Symphonie pastorale » s’inscrit dans une lignée de créations inspirée de l’Arcadie : cette contrée rustique et idyllique, peuplée de bergers transits d’amour, vivant en harmonie avec la nature, qui symbolisait dans la mythologie grecque l’âge d’or d’un monde primitif mais joyeux. La composition musicale traduit l’émotion vécue face à la nature, plutôt qu’elle n’en imite les sons.

Suivant l’abstraction de la musique, la chorégraphie du spectacle se veut pur esthétisme. Thierry Malandain élabore une danse exigeante, sobre et atemporelle, à mi-chemin entre classique et contemporain, dont l’objectif est d’atteindre le Beau. Les bergers de l’Âge d’or ne sauraient danser autrement. Les danseurs s’imposent ainsi sur scène par la puissance et la virtuosité de leur maîtrise technique comme artistique.

La Pastorale : de la célébration d’une nature idéale à l’évocation de sa déchéance

Si la scénographie demeure sobre, pour laisser la part belle à la danse elle-même, elle intègre certaines composantes d’apparence plus cryptiques, mais porteuses de sens. Le seul élément de décor sur scène consiste en un carré de 25 cases, qui rappelle le mystérieux « Carré Sator » : une grille de 5 lettres sur 5 lettres, formant un entremêlement de mots latins, gravés dans la roche. On en retrouva la plus ancienne version parmi les ruines de Pompéi. Les historiens estiment qu’il s’agit d’un signe de ralliement des chrétiens.

Cette allusion à l’avènement prochain de la culture chrétienne sur la culture hellénique est à rapprocher du choix d’intégrer au spectacle la composition Les Ruines d’Athènes – moment durant lequel les danseurs troquent leurs costumes inspirés de la Grèce Antique pour des tenues plus modernes. Tout cela témoigne d’une volonté de réfléchir à ce dont la nature est le synonyme pour notre époque : non plus seulement la rêverie idyllique, mais bien plutôt l’urgence climatique, et la menace d’un monde en complète transformation.