ART | EXPO

La forme des choses

13 Juin - 25 Juil 2015
Vernissage le 13 Juin 2015

La pratique de Mathieu Valade explore les contradictions entre les formes simples et les images qu'elles peuvent évoquer une fois détournées. La production d'objets géométriques, de volumes suivant l'esthétique minimaliste, se voit hybridée et juxtaposée à des dispositifs mécaniques, lumineux ou sonores afin de soulever un potentiel de représentation.

Mathieu Valade
La forme des choses

Jouer de l’évidence formelle à en faire léviter les parpaings… Invité pour une exposition carte blanche au sein de l’espace d’art contemporain RDV, Mathieu Valade présente un ensemble de nouvelles pièces: vidéos, sculptures et dessins.

Sculpteur, Mathieu Valade travaille la géométrie et les images qu’elle véhicule. La composition est élémentaire, maîtrisée. Ses pièces se distinguent par leur apparente simplicité: des lettrages imposants, des alignements de cubes, des meules de foin, … La matérialité — rigoureuse, constante — impose une séduction par l’objet; ses œuvres assument leur esthétique attractive.
A ces formes initiales, il ajoute des éléments évocatoires comme des logos, ou encore des références explicites à l’histoire de l’art moderne et contemporain. Par cette conjugaison, il active la polysémie contenue dans ses sculptures; l’objet n’est pas un formalisme sculptural, il est un potentiel de sens. La lecture de ces œuvres se montre plurielle: le visiteur construit ses regards et réflexions dans une libre interprétation.

L’œuvre fonctionne comme un artefact. Dans un jeu entre le sensible et le conceptuel, l’enveloppe physique de ses productions révèle des images mentales tout en soulignant leurs surfaces tangibles. Les rapports de surface, dedans, et dehors, physiques et psychiques construisent notre relation aux œuvres de Mathieu Valade. Un mur de miroirs carrés s’étend sur la galerie RDV. Par notre déplacement, un symbole apparaît sur chaque surface qui réfléchit en même temps notre image. Branded faces — visage de marque — se référerait aux symboles contenus dans chaque miroir (logo de McDonalds, de Facebook, du parti communiste, du recyclage) ou au visiteur inclus dans l’œuvre. Le symbole perd sa fonction d’outil de persuasion et s’illustre comme réflexion sur les qualités esthétiques de ce signe.

Mathieu Valade Manifeste accueille le visiteur troublant immédiatement les conventions de la salle d’exposition. Deux monitors, placés côte à côte, diffusent un monument de la culture populaire: le générique de la saga Star Wars. Avec humour, Mathieu Valade remplace l’épique présentation par une sélection de manifestes ayant structurés l’art moderne et contemporain. La lecture de ces logorrhées philosophiques se fait complexe, et pourtant leur sens en devient d’autant plus évident; le manifeste est un combat manichéen du Bien contre le Mal, quelque soit la filiation de ce nouveau mouvement sur ses prédécesseurs.

L’exposition «La forme des choses» présente également une série de quatre dessins, intitulée Concret, où le pointillisme révèle la surface du parpaing, par la précision du trait graphique le poids de la représentation suspend le motif en apesanteur. Mathieu Valade développe aussi son travail autour de l’humanité contenue dans les figures animales, notamment celle du cerf qui se fait Trophée.