ART | EXPO

La diaspora des objets. Symposium en forme de conte

16 Mai - 16 Mai 2015
Vernissage le 16 Mai 2015

En conclusion de son exposition, Yael Davids imagine un symposium en forme de conte qui développe, en présence de ses invitées et du public, les enjeux de distanciation, d’enracinement et de production de frontières qui sont au cœur de son projet de recherche aux Laboratoires d’Aubervilliers.

Yael Davids
La diaspora des objets. Symposium en forme de conte

En conclusion de son exposition aux Laboratoires d’Aubervilliers, «La distance entre V et W», Yael Davids imagine un symposium en forme de conte — La diaspora des objets — qui développe, en présence du public et de ses invitées, les enjeux de distanciation, d’enracinement et de production de frontières qui sont au cœur de son projet de recherche aux Laboratoires.

Tandis que l’artiste conçoit d’ordinaire ses installations dans la perspective de les activer lors de performance, elle a choisi a contrario d’évacuer son corps et ses mots de l’espace même de son exposition aux Laboratoires. Ce symposium, qui s’articule autour de récits d’objets singuliers, s’annonce alors comme une nouvelle forme d’incarnation de son projet.

Ici les «objets» sont à saisir selon une large acception: biens personnels chargés d’affects, images porteuses d’une histoire qui reste à écrire, pierres d’une architecture reconfigurée au gré de ses locataires, terre d’accueil d’un projet idéologique… Il s’agit durant une après-midi entière de réfléchir aux mouvements subis par des biens domestiques ou culturels, en proie à des déplacements temporels et géographiques.

Autant de «choses à soi» qui, tour à tour ignorées, confisquées ou scellées, détruites ou redistribuées, témoignent à leur manière d’une histoire intime et/ou politique. Car derrière ces objets, ce sont des destins croisés de personnes anonymes et publiques que les intervenants mettent en lumière. C’est à l’intersection de la petite et de la grande histoire et en particulier à l’aune du conflit israélo-palestinien, que ces notions de déplacement, de spoliation et de réappropriation sont convoquées et étudiées.

Le coffre, réalisé en référence aux cabinets de curiosités, ancêtres indirects des musées, s’avère un objet sculptural appréhendable de tous côtés, aussi bien que la réduction miniaturisée d’un espace plus vaste. Espace dans l’espace, cette vitrine d’objets fait naître des récits autant qu’il en constitue leur lieu d’agencement.