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La Dérivée mexicaine

25 Juin - 03 Sep 2011
Vernissage le 25 Juin 2011

Avec ses moyens d’artistes, Yves Trémorin a rapporté de son voyage au Mexique un ensemble d’images rendant compte de ce qui caractérise ce pays tant d’un point de vue culturel, historique que mythologique.

Yves Trémorin
La Dérivée mexicaine

Depuis plus de 15 ans, l’Artothèque de Caen suit et accompagne le travail photographique de Yves Trémorin, l’un des membres fondateurs du groupe Noir Limite.

Après son exposition personnelle en 1996 qui présentait les séries La Tribu et Natures Mortes, l’Artothèque, dont la collection compte trois de ses photographies, accueillait de nouveau en octobre 2010 les oeuvres de Trémorin lors de l’exposition collective Quelques-uns d’entre nous qui l’associait à Florence Chevallier et Philippe Bazin pour un hommage au critique d’art Bernard Lamarche-Vadel.

Réalisée lors d’une résidence au Mexique, La Dérivée mexicaine confirme l’approche singulière et radicale de ce photographe reconnu sur la scène internationale. Par cette nouvelle invitation, l’Artothèque affirme ainsi son attachement et sa fidélité au travail de Yves Trémorin.

«En 2009, lors d’une résidence au Mexique de deux mois, Yves Trémorin a réalisé un ensemble de photographies qui décrit le Mexique, d’une part, à travers la spécificité des corps de ses habitants et, d’autre part, à partir d’imageries animale et objectale des figures symboliques communes aux différentes cultures persistantes dans le monde contemporain. Yves Trémorin vit et travaille en Bretagne.

Le projet s’inscrit dans le cadre du programme Breizh Mex, d’échanges croisés avec le Mexique, initié par L’Alliance Française et avec le soutien de la ville de Rennes, du Conseil Régional de Bretagne et de la Ciudad de Mexico, du Centro de la Imagen, de la revue Farenheit au Mexique.

Yves Trémorin, au cours d’une résidence d’artiste de plusieurs mois au Mexique, s’est donné pour objectif de rendre compte de ce qui caractérise ce pays tant d’un point de vue culturel, historique que mythologique. Avec ses moyens d’artistes, il rapporte du voyage mexicain un fascinant ensemble d’images tel un ethnologue d’un genre un peu particulier.

Son habitude d’extraire par la photographie un objet ou un portrait, de constituer, en quelque sorte, une collection servant l’étude qu’il s’est fixée, prend ici tout son sens. Isolant comme à l’accoutumée ses sujets, ici sur un fond souvent noir, il joue sur la position de l’explorateur occidental partant dans un pays lointain pour en ramener au gré de ses dérives, objets et images qui deviendront comme les reliques muséales nécessaires à la compréhension d’une civilisation aux codes différents des nôtres.

Le jeu est d’autant plus fort qu’au regard de ces photographies, se dresse effectivement un véritable portrait du Mexique. Celui-ci se constitue à travers la spécificité des corps de ses habitants et des représentations de figures symboliques qu’il retrouve dans ses images d’animaux ou d’objets et qu’il transpose dans le champ de l’art contemporain.

Nus ou portraits à la gestuelle inhabituelle semblent se référer au seul domaine de la performance alors qu’ils reprennent un langage des signes explicitement lié à des représentations enfouies dans la mythologie collective.

Une photographie époustouflante d’un chien noir peut se référer à la figure du Ahuitzotl, un dos tatoué au Quetzalcóatl —le célèbre serpent à plumes—, un crapaud photographié frontalement au fond d’une grotte au dieu Tlaloc…

Ce qui est montré n’est jamais anodin, jamais fortuit: plusieurs strates de lecture sont à découvrir derrière la simplicité apparente des images qui pourraient, au premier regard, être considérées comme un catalogue factuel de personnes, d’animaux ou d’objets plus ou moins exotiques.» (Eric Cez)