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La Chambre des saintes

C’est un gigantesque paravent qui invite à rentrer dans l’exposition tout en en bouchant l’entrée. Ce paravent est une barrière transparente en plexiglas, dont les zones d’opacité sont dues à des traînées d’encre rose qui tombent vers le sol.
Dès le départ, Jean-Marc Bustamante s’approprie l’espace de la galerie et le détourne en le reconstruisant. Le spectateur est invité à entrer dans un univers clos, pour le moins intime tant l’usage du paravent est chargé de connotations: n’est-ce pas derrière un paravent que les femmes se dénudent avant de passer au lit ? En tout cas, s’il faut passer derrière le paravent, c’est ici pour pénétrer dans la «Chambre des saintes»…

Jean-Marc Bustamante crée une «chambre» à partir d’éléments de décor très simples: les murs sont recouverts d’un papier peint blanc et gris clair reprenant verticalement le motif strié du paravent, une banquette recouverte d’un tissu décoratif trône au centre de la pièce. En réalité, le motif de la chambre n’est qu’une sorte de parade puisqu’il semblerait qu’aucune intimité ne soit envisageable dans ce grand espace désincarné. C’est sans doute pour cela que la chambre est dite «des saintes».

Sur les murs, des grands tableaux en plexiglas où l’on retrouve la transparence du paravent et des motifs décoratifs faits de jeux de couleurs. Ces motifs semblent être végétaux, ils peuvent faire penser à une flore exotique, à des feuilles étranges et à des bulbes de fleurs… Tout dans cette exposition concourt à donner l’impression d’un art décoratif des nouveaux temps, élaboré à partir de chambres d’écho de la vision.

Au sous-sol, ce sont des tableaux sur plexiglas de plus petites tailles, aux cadres argentés très travaillés, comme pour attester de leur caractère résolument pictural.
  

Jean-Marc Bustamante
Boisdale, 2008. Encre sur plexiglas. 255 x 195 cm.
Ossian, 2008. Encre sur plexiglas. 255 x 195 cm.
Rocou, 2008. Encre sur plexiglas. 255 x 195 cm.
Paravent, 2008. Encre sur plexiglas, acier. 240 x 330 cm.