ART | BIENNALE

La Biennale de Belleville 3

25 Sep - 26 Oct 2014
Vernissage le 24 Sep 2014

Cette 3e édition de la Biennale de Belleville s’annonce sous le signe de la marche, que celle-ci s’envisage comme la voie d’un néo-tourisme urbain ou comme le signe d’un rassemblement humain. Sortant des limites de Belleville, elle franchit la frontière du périphérique. Un événement qui se veut tout en mobilité et dépaysement.

Laëtitia Badaut Haussmann invitant Antonio Contador, Mariana Castillo Deball, Jacques Clayssen et Patrick Laforet, Claude Closky, Dector & Dupuy, Hamish Fulton, Jochen Dehn, Chris Evans, Adrien Guillet & Camille Tsvetoukhine, Louise Hervé et Chloé Maillet, Jean-Christophe Norman, Till Roeskens, Laurent Tixador, Capucine Vever en collaboration avec Valentin Ferré, Peter Wächtler…
La Biennale de Belleville 3
La piste des Apaches

Explorer, déambuler, flâner, la 3e édition de la Biennale de Belleville s’annonce sous le signe de la marche, que celle-ci s’envisage comme la voie d’un néo-tourisme urbain ou comme le signe d’un rassemblement humain. Les nombreux projets des artistes investiront les rues sinueuses du quartier, faisant de ce territoire le véritable protagoniste de l’événement. Ils n’hésiteront pas non plus à franchir le périphérique pour faire vivre enfin ce Grand Paris tant attendu.

Nouvelles liaisons pédestres à travers Belleville et la Petite Couronne, récits de visites souterraines géolocalisées sur smartphone, voyage de bars en bars pour écouter des textes d’artistes inédits, manifestations de fantômes: entre revisitation débridée du format de l’exposition, arpentage poétique du quartier, évocation narrative des œuvres à la place du display classique, la biennale transcende les limites géographiques et formelles afin d’offrir une nouvelle vision de l’art contemporain, tout en mobilité et dépaysement.

Des marches et des déambulations
Connus pour leurs visites guidées performatives, Dector & Dupuy, à travers leur projet inédit Effleurer les Lilas, conduiront le public du Pavillon Carré de Baudouin jusqu’à la Porte des Lilas pour ensuite les reconduire au Pavillon Carré de Baudouin en suivant un itinéraire non linéaire.

Laurent Tixador est un artiste marcheur. Dans le cadre de la Biennale de Belleville 3, il propose de relier Nantes et Paris, le terme de sa marche coïncidant avec le soir du vernissage de la biennale, soit le mercredi 24 septembre.

Jacques Clayssen et Patrick Laforet ont quant à eux décidé d’ouvrir une liaison pédestre de quinze kilomètres entre la galerie Thaddaeus Ropac de Pantin et la galerie Gagosian du Bourget. Le trajet, de presque quatre heures, traverse des paysages contrastés dans les interstices de l’urbain et du péri-urbain, longe une autoroute dans son sarcophage de béton, emprunte une passerelle sur une gare de triage, pénètre dans un cimetière et longe des cités.

Le duo d’artistes Adrien Guillet & Camille Tsvetoukhine imagine un projet polymorphe et in situ intitulé Hanter Belleville, composé de trois déambulations et de conférences.

Capucine Vever s’intéresse quant à elle à une typologie de territoire bien particulière présente dans de nombreuses villes mais pourtant invisible: les carrières, qui constituent des espaces oubliés. Ce projet convie le public à marcher dans la ville afin d’explorer mentalement ces zones immergées. Ainsi, par un dispositif géolocalisé (un casque audio et un smartphone), les créations sonores, développées en collaboration avec Valentin Ferré et guidant le marcheur dans son voyage par procuration, se déclencheront automatiquement en fonction de sa position géographique, lorsqu’il surplombera une carrière.

Par ailleurs, cette nouvelle édition de la Biennale de Belleville élargira la ville de sorte qu’elle ne soit plus seulement un espace géographique mais aussi un terrain commun d’expériences fondé notamment sur des collaborations avec le tissu associatif local. Alors que Dédale conduira le public le long du tram T3 pour une visite nocturne, Promenades Urbaines proposera une déambulation vers Montreuil, qui se clôturera par un pique-nique. Belleville en Vue(s), quant à elle, programmera une soirée de projections en plein air dans le jardin du Pavillon Carré de Baudouin. Enfin, Khiasma est invité à organiser une soirée inédite et hors les murs dans le cadre de son festival «Relectures».

Des expositions
Cette année encore, le Pavillon Carré de Baudouin demeure le point névralgique de la manifestation. Plutôt que de proposer une exposition «classique», le lieu accueillera un dispositif multiple, composé d’un comptoir où les visiteurs seront informés des diverses manifestations qui jalonnent la biennale (marches, performances, conférences, lectures, etc.), d’une artothèque, d’un coin librairie présentant de nombreux ouvrages en relation avec le thème (en partenariat avec la Librairie Volume), mais aussi d’une exposition à l’étage qui mêlera des productions d’artistes historiquement liés à la marche à d’autres plus récentes et directement reliées à la programmation des parcours et les prolongeant: à l’instar de Laurent Tixador qui déposera le jour du vernissage sur une grande table dédiée à cet usage les objets fabriqués durant sa marche de Nantes à Paris, les «randonneurs» seront invités à déposer les objets collectés lors des trajets, participant de ce fait à ce concept d’exposition in progress.

Une seconde exposition, intitulée «Brooklyn à Belleville», sur une proposition de Marie Maertens, fera du spectateur l’acteur même de sa promenade. Non plus regardeur, s’il fallait paraphraser Marcel Duchamp, mais écouteur, ce dernier découvrira des œuvres racontées par de jeunes plasticiens américains qui, à travers différents médiums, orientent leurs réflexions sur la question de la narration. A télécharger sur le site de la biennale, chaque histoire se révélera une lecture — donc une certaine réinterprétation — d’une pièce choisie par l’auteur dans son propre travail, mais qui ne sera jamais donnée à voir. Les œuvres prendront ainsi vie et se transformeront dans l’imaginaire de celui qui les écoutera, se mêlant aux déambulations dans Belleville ou croisant les autres travaux performatifs de la biennale.

Enfin, un projet mené par Elisa Rigoulet et Antoine Donzeaud du programme curatorial Exo, abordera les questions de la localisation et du déplacement en interrogeant le degré de présence de l’exposition. Exo explore le «différé» comme processus étirable permettant de reformuler le principe d’exposition dans l’écart qui se joue avec ses moyens de production, ses choix de monstration, d’ancrage ou de délocalisation.