ART | EXPO

Là-bas

06 Juin - 15 Juil 2012
Vernissage le 06 Juin 2012

Dans une conception esthétique de l'art, le langage se doit d'être universel. Les différentes vidéos présentées dans l'exposition «Là-bas» nous montrent qu'il n'en est rien. L'Autre, que l'on pense connaître, peut être en réalité un parfait inconnu, et les paroles qu'il nous adresse n'être qu'un bruit incompréhensible.

Nira Pereg, Sigalit Landau, Nir Evron, Rona Yefman, Yael Bartana, Talya Keinan, Tom Pnini, Daniel Landau, Tamir Zadok
Là-bas

C’est au travers de la fonction anthropologique de l’art contemporain que le visiteur peut se laisser emporter loin d’ici et se convaincre que les choses se passent vraiment là-bas, dans cet ailleurs qu’il ne connaissait au fond que par ouï-dire. «Là-bas» propose donc à chacun d’aller voir de ses propres yeux, de faire l’expérience de l’observation participante, de «planter sa tente au milieu du village» pour reprendre la belle expression du père de l’anthropologie, Bronislaw Malinowski.

«Planter sa tente», c’est justement ce qu’on fait des milliers de Tel-Aviviens durant l’été 2011 pour manifester leur indignation face à leurs dirigeants, et leur désir de changer le système social de leur pays. Les neuf artistes présentés dans «Là-bas» sont issus de cette société plurielle traversée par de multiples débats où chacun peut exprimer un point de vue singulier d’une culture commune.

Ainsi, l’exposition propose de se rendre «Là-bas», d’expérimenter en quelque sorte la sensation d’étrangéité, d’entrer en contact avec cet ailleurs et sa population au plus près de sa complexité.

Cette exposition tend à montrer cette autre réalité d’Israël. «Là-bas», c’est une population dont font partie ces artistes qui s’interrogent et remettent en question la société dans laquelle ils vivent. Les différentes vidéos présentées ne cherchent ni à blâmer ni à excuser, mais finalement à remettre chacun de nous face à la responsabilité de sa propre vie. L’écrivain israélien Amos Oz proposait de «divorcer» et de créer deux états, côte à côte. Une situation où il n’y a plus obligation d’amour mais juste une obligation de coexistence. Respecter l’Autre jusqu’à l’étrangéité à laquelle je n’ai pas accès.

Dans tous les «Là-bas», habite cet Autre qui détient tout ce qu’il ne me sera jamais donné de savoir. L’art contemporain, dans sa fonction anthropologique reflète toute société de la façon la plus directe et la plus sensible qui soit. Les artistes ne sont-ils pas ces artisans qui osent modeler leurs œuvres à partir du secret de nos vies? Ce que chacun peut trouver dans tout «Là-bas», ce n’est certes pas la compréhension illusoire de l’autre, mais la possibilité de puiser dans l’inspiration de l’artiste toute l’énergie nécessaire pour se remettre en marche. Replier alors sa tente, et revenir dans un Ici, mais l’esprit transformé par l’expérience.

Commissaire: Marie Shek

Exposition organisée avec le soutien des Services Culturels de l’Ambassade d’Israël en France.

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