ART | EXPO

Khvay Samnang. L’Homme-caoutchouc

17 Sep - 15 Nov 2015
Vernissage le 19 Sep 2015

Dans le cadre de la programmation Satellite 8 Enter the Stream at the Turn (Rallier le flot), le Capc de Bordeaux présente L’homme caoutchouc de Khvay Samnang, artiste cambodgien, qui interroge l’image en mouvement afin de l’inscrire dans un contexte d’occupation culturelle et historique, mais aussi de censure.

Khvay Samnang
L’Homme-caoutchouc

« Rallier le flot » est une injonction ayant pris l’apparence d’une douce métaphore. Empruntée à un proverbe khmer traditionnel, elle suggère qu’il convient de choisir de s’adapter au courant de pensée dominant considéré comme code culturel au bénéfice d’une harmonie sociale et politique. Dans un contexte non démocratique, ce proverbe reste plus que jamais d’actualité : quand la liberté d’expression fait l’objet de restrictions politiques, il est fréquent que des artistes le traduisent dans les faits sous forme de stratégie de résistance.
La huitième édition de la programmation Satellite réunit quatre artistes – Vandy Rattana (Cambodge), Arin Rungjang (Thaïlande), Khvay Samnang (Cambodge) et Nguyen Trinh Thi (Vietnam) – dont les canaux de résistance font appel à l’image en mouvement, l’inscrivant dans et contre un héritage complexe d’occupation culturelle et historique ainsi que de censure. Gros titres de la pensée dominante, questions d’actualité controversées et histoires officielles sont abordés comme autant de références à réexaminer au travers de récits intimes et personnels. Dans le contexte propre à chaque
artiste, raconter la petite histoire, consigner le souvenir, recueillir et reconstituer en silence des archives ou simplement réaliser des images non autorisées, c’est aussi perturber stratégiquement l’histoire officielle. Et perturber l’histoire officielle,
c’est remettre en cause l’autorité héritée et incarnée qui la perpétue.
Les images et les récits ainsi créés nous parviennent sous forme de codes, de strates, pris entre passé et présent, entre réalité et fiction, entre fiction et documentaire. Évitant les visions binaires, les artistes ménagent un espace d’indétermination qui leur permet de brouiller les perceptions dominantes des sujets abordés. Dans leur pratique, les artistes réunis ici ambitionnent en outre de réénoncer la position de l’artiste comme distincte de celle de l’homme de la rue et de celle de la nation. Ils n’ont pas pour objectif de rendre intelligible, de prouver ou de réfuter, mais de proposer un registre d’expression fondé sur une recherche aboutissant au non-savoir.