ART | EXPO

Just a Good Crash

27 Mai - 11 Juil 2015
Vernissage le 26 Mai 2015

Le travail de David de Beyter tisse un réseau complexe de références et de processus aussi bien liés à l’image, qu’à la sculpture, l’architecture ou encore l’anthropologie. Son projet Big Bangers, basé sur une esthétique de la destruction, s'inspire d’un dérivé de l’auto-cross qui consiste à détruire des véhicules via des chocs violents ou l’ultra vitesse.

David de Beyter
Just a Good Crash

David de Beyter se signale à l’origine par une photographie de paysages techniquement très au point et intrigante dans son sujet. Il documente des paysages déserts et des architectures utopiques maintenant historiques. Il a été présenté au BBB centre d’art en 2012 pour l’exposition collective «Stratégies des espaces» puis, a participé à l’événement «Manifesto» à l’invitation d’Alain Fleischer.

Avec «Big Bangers», David de Beyter s’émancipe du médium photographique. Cinéma, installation et sculpture prennent possession du centre d’art. Le cœur de l’exposition est la première présentation de trois films sur la pratique du Big bangers, un dérivé de l’auto-cross, sport populaire pratiqué dans le Nord de la France. La beauté du geste et la philosophie de la communauté réside dans le fait de détruire des véhicules via des chocs violents et l’ultra vitesse «cramant» les moteurs (avec comme devise: pas de trophée mais un bon crash); une esthétique de la destruction, où dans le jargon amateur, un crash et l’épave qui en résulte… c’est une auto-sculpture.

Inspiré par ces rencontres et le potentiel pictural et sculptural de cet univers, David de Beyter va pouvoir déployer une esthétique précise et barrée, où le paysage est chaos, en digne héritier de la peinture flamande du XVIe siècle ou des films d’anticipation comme Blade Runner.

Le projet Big Bangers se développe sur trois axes de recherche. Le premier est un travail de mise en scène photographique, évoluant de l’image documentaire à la restitution d’une intervention sculpturale, en passant par une recherche plastique autour de la représentation du paysage. Le deuxième est un film, se présentant comme un essai documentaire sur l’obsolescence, le chaos et le lien de cette pratique populaire aux paysages du Nord. Le troisième volet est une recherche sculpturale, par récupération de fragments de voiture et travail de moulage.

«Le paysage est le concept le plus transversal de toute ma recherche artistique. Chaque nouveau projet est une occasion de comprendre mon attrait pour celui-ci. La pratique de l’auto-cross apparaît dès lors comme une clef m’aidant à questionner ce territoire des Flandres dont je me suis toujours senti proche.

Mon intuition est qu’elle incarne toute la mélancolie présente dans ce paysage et celle de l’imaginaire chaotique de la peinture flamande. Ces configurations sculpturales de voitures, que l’on nomme dans le jargon amateur des «auto-sculptures», matérialisent aussi une vision chaotique du monde et du futur. La voiture, objet symbolique de notre modernité, se voit souvent réduite à l’état de ruine dans le cinéma post-apocalyptique, comme en parle Peter Szendy dans son livre l’Apocalypse Cinema.» (David De Beyter)