DANSE | SPECTACLE

Julie entre autres

20 Fév - 23 Fév 2008

On chante et on danse dans cette tragi-comédie musicale, directement inspirée de La Mélodie du bonheur de Robert Wise. Derrière le simple remix du film, une critique des dictats hédonistes de la société occidentale.

Herman Diephuis
Julie entre autres

Grande salle, 20h30
Durée : 1h

— Conception et chorégraphie
: Herman Diephuis
— Interprété et créé en collaboration avec Jerôme Andrieu, Trisha Bauman, Julien Gallée-Ferré, Claire Haenni, Christophe Ives et Dalila Khatir.
— Lumières : Sylvie Mélis
— Son : Olivier Renouf
— Régie générale : Sam Mary
— Régie son : Alexis Meier
— Administration-diffusion : Bureau Cassiopée

« Sur la scène nue, six interprètes. Trois femmes et trois hommes pour un seul personnage, celui qu’interprète Julie Andrews dans La mélodie du bonheur. Du film universellement célèbre de Robert Wise, Herman Diephuis n’a gardé que l’essentiel : les chansons – et les nombreuses reprises qui en ont été faites -, et la figure de Maria, cette jeune gouvernante dont l’optimisme indestructible va changer la vie d’une famille autrichienne, en dépit des menaces du nazisme.

D’emblée, le propos est clair. Il ne s’agit pas de livrer une version mineure – encore moins simplifiée – d’un des plus grands succès d’Hollywood, mais bien de décrypter par le travail de la voix et du corps ce qui, par-delà les époques, fait la force de ce mythe cinématographique. Pareille démarche n’est pas sans rappeler D’après J.-C. créé en 2004 et accueilli au Centre Pompidou en 2006, et Dalila et Samson, par exemple créé en 2005, ses deux précédents opus, dans lesquels Herman Diephuis n’hésitait pas à questionner et mettre à nu les fondamentaux de la tradition artistique occidentale. De la même façon, le chorégraphe s’interroge ici sur l’image du nouveau dogme contemporain, le bonheur communicatif, pour mieux en démonter la manipulation. Nul besoin d’assommer avec un message didactique ou une lecture univoque. La mise en espace et le jeu des interprètes suffisent à dire le trouble, l’ironie, le détachement, la critique, l’adhésion ou même l’ennui que suscite le modèle imposé du bonheur à tout prix.

Lorsque, placés frontalement face au spectateur, les six « Julie » donnent chacun(e) leur version sonore et gestuelle des principaux hits du film, leur prestation muette, mimée, chantée ou décalée décline les différentes facettes de l’humaine condition. Celle-là même qui, sans être totalement dupe du marketing de l’optimisme, semble pourtant toujours prête à croire à l’impossible et à rêver du « meilleur des mondes ».