DESIGN | EXPO

Biennale internationale de design graphique | Post Medium

17 Avr - 28 Juil 2019
Vernissage le 17 Avr 2019

Un peu en amont de la Biennale internationale de design graphique 2019, l'exposition "Post Medium", au Signe, en déploie déjà les enjeux. Pour une grande exposition collective explorant la notion de post-medium, dans le sens de post-print, multi-support et au-delà du medium.

Depuis sa pérennisation en centre d’art, Le Signe – Centre National du Graphisme a transformé le Festival international de l’affiche et du graphisme de Chaumont (créé en 1990) en biennale. Pour sa deuxième édition, en 2019, la Biennale internationale de design graphique s’est ainsi choisi le titre thématique de « Post Medium ». Avec, en amont de la biennale (du 23 mai au 22 septembre 2019), une exposition éponyme à retrouver dès maintenant au Signe. Exposition exploratoire, « Post Medium » interroge les logiques de transformation de la discipline graphique. Avec trois axes : le post-print, le multi-support et l’au-delà du support. Entrée en matière argumentée, l’exposition réunit des pièces de The Rodina, Dia Studio, Roosje Klap, Pauline Le Pape, Josh Schaub, Erich Brechbühl, Laura Knoops et Jonathan Castro. Si le graphisme ne cesse de se réinventer, comme toutes les disciplines, la digitalisation et Internet ont complètement changé son écologie.

Exposition « Post Medium » : prémices de la Biennale internationale de design graphique

La Biennale internationale de design graphique sera notamment l’occasion de retrouver trois expositions monographiques — Frédéric Teschner, Karl Nawrot et Camille Trimardeau. Et le concours d’affiches fêtera son vingt-huitième anniversaire. Mais l’exposition « Post Medium » permettra quant à elle de saisir quelques enjeux du graphisme contemporain. En dépliant le thème selon trois de ses acceptations. Si l’objet imprimé à longtemps été l’objet de référence, surtout pour le festival de Chaumont, aujourd’hui les éléments imprimés se raréfient au profit de supports numériques. Penser le post-medium revient alors à penser le post-print : le graphisme après l’imprimé. Ce qui, ne serait-ce que techniquement, représente un changement complet. En termes de gestion des couleurs — de CMJN à RGB — ; en termes de gestion des luminosités — le papier absorbe la lumière, les écrans numériques en émettent. Et pour la première fois, le concours d’affiches 2019 sera ainsi ouvert aux affiches animées.

« Post Medium » au Signe (Chaumont) : les redéfinitions du graphic design

À ce post-print s’adjoint la question des supports. Si l’affiche imprimée classique est de taille relativement unique, les créations graphiques pour supports numériques doivent s’adapter à la diversité des terminaux d’affichage. Ordinateurs fixes, portables, tablettes, smartphones, affichage géant à LED… Chaque terminal imprime sa propre signature à l’élément graphique proposé. Mettant l’accent sur la part invariante, « Post Medium » propose un focus sur le message et les images en tant que tels. Avec Josh Schaub, par exemple, dont les Moving Posters s’adaptent aux abribus comme aux écrans publicitaires de différentes tailles. En quoi est-ce nouveau ? C’est en termes de culture visuelle que ces créations sont remarquables. Courtisant même la performance, elles importent dans le numérique tout un ensemble de codes graphiques venus de l’imprimé. Ou plutôt : elles les réinventent. À l’instar des Moving Posters, avec leurs graphismes simples, percutants et mouvants.

Post print, multi-support, au-delà du medium : la communication visuelle actuelle

Combinant éléments fixes et mobiles, les Moving Posters ne sont ni des films publicitaires, ni des affiches imprimées. Ils sont leur propre catégorie de communication visuelle. La troisième interprétation de post medium, comme au-delà du medium, creuse cette singularité de l’image digitale. Car en se détachant de son support, l’image et son message gagne en autonomie. À la façon d’icônes immatérielles, non-dépendantes d’un support donné et pouvant s’adapter à diverses contingences matérielles. Croire que le graphisme s’achèverait avec l’imprimé serait naïf. En témoigne le scandale provoqué par la une de M le magazine du Monde, du 29 décembre 2018. Largement inspirée d’un travail du graphiste canadien Lincoln Agnew, remixant lui-même l’esthétique des collages punk et pop des années 1970, cette une a « enflammé la toile » en quelques heures. Médiatique, médiatisée… La communication graphique n’est pas immédiate. Et l’exposition « Post Medium » en redéploie les enjeux au Signe.