DANSE | SPECTACLE

Josef Nadj, Paysage inconnu

17 Sep - 25 Sep 2014
Vernissage le 17 Sep 2014

La nouvelle création de Josef Nadj convoque avec nostalgie les paysages métamorphosés de son enfance, entre souvenir et fantasme. Hommage à l’art gestuel et à la musique, cette œuvre intimiste propose une méditation puissante sur les processus qui l’inspirent — l’art, l’amitié, l’animalité — et le mystère de leurs origines.

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Josef Nadj
Paysage inconnu

Création 2014

L’action de Paysage inconnu prend place dans les plaines de la Voïvodine, à Kanizsa en ex-Yougoslavie, sur les terres d’enfance du chorégraphe. Récit d’une géographie intime, la pièce est née d’une volonté de travailler sur le statut particulier d’une région dont l’identité s’est façonnée à coup de mutations culturelles: «J’ai vu l’éclatement du pays dans lequel je suis né et j’éprouve ce paradoxe : en tant qu’hongrois, je suis né yougoslave et puis je suis devenu serbe, en attendant mon passeport français.» Dans Paysage inconnu, il se plonge dans les souvenirs de cette terre à la fois reconnue et fantasmée, comme habitée par les spectres du passé. Si le paysage est certes dit inconnu, en ce qu’il ne se correspond plus parfaitement au souvenir, il n’en est pas moins réel et concret, rappelant le personnage aux rencontres qui ont jalonné son parcours.

Pièce pour deux danseurs et deux musiciens, Paysage inconnu met en scène un quatuor d’artistes, aux chemins de vie bien distincts : Ottó Tolnai, le poète, Tihamér Dobó, le peintre errant, ou encore Antal, dit Toni Kovács, le lutteur devenu sculpteur. Toutes ces figures amies sont un prétexte pour dérouler une trame narrative fondée sur les devenirs individuels et collectifs, et, en contrepoint, une réflexion sur le processus créatif. Entre persistance de la mémoire et effacement des traces, la pièce s’ancre dans un présent fugace comme dans un passé persistant, juxtaposant plusieurs temporalités.

Avec la force d’un conteur universel ou d’un chamane magicien, Josef Nadj s’élève sur un plateau sombre, paysage crépusculaire. Accompagné d’Ivan Fatjo, il fait retour, par le corps, à cette plaine étale et sourde de Voïvodine. Leurs silhouettes en habit noir répondent à l’obscurité du dispositif scénique qui, comme souvent chez le chorégraphe, organise le basculement du théâtre en rituel. Les visages des protagonistes deviennent parfois masques inanimés et contrits, le son comme le geste se font fragiles, le ton confine au tragique. Un imposant bestiaire enfin finit par habiter ce territoire non reconnu, comme si l’animalité faisait signe vers la vitalité nécessaire à la réinvention d’un paysage.

Conception: Josef Nadj
Interprètes: Josef Nadj, Ivan Fatjo
Musique: Akosh Szelevényi et Gildas Etevenard
Lumières: Christian Scheltens assisté de Lionel Colet
Mise en son: Jean-Philippe Dupont
Décors: Julien Fleureau et Clément Dirat

Informations
CentQuatre, Salle 400
Du mercredi 17 au samedi 20 septembre à 20h30
Dimanche 21 septembre à 16h
Du mardi 23 au jeudi 25 septembre à 20h30

En tournée
2-4 octobre 2014: Théâtre d’Orléans – Scène nationale – Orléans (France)
1er décembre 2014: Festival Interférences, Cluj (Roumanie)
5-6 décembre 2014: Opéra de Dijon (France)

Josef Nadj projette également son film Dernier paysage samedi 20 septembre à 18h30, au CentQuatre-Paris, atelier 9 (52 min, gratuit sur réservation).

critique

Paysage inconnu

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