ART | EXPO

Phasma

27 Jan - 03 Mar 2018
Vernissage le 27 Jan 2018

L’exposition « Phasma » à la galerie parisienne Chantal Crousel rassemble des tableaux entre broderie et peinture, des sculptures, des dessins et des poèmes de José María Sicilia. Entre abstraction et figuration, ces œuvres vivement colorées traitent des insaisissables manifestations de la vie, de son intensité, mais aussi de l’éphémère et de la disparition.

L’exposition « Phasma » à la galerie Chantal Crousel, à Paris, présente des tableaux mêlant broderie et peinture, des sculptures, des dessins et des poèmes de l’artiste espagnol José María Sicilia. Un corpus entre abstraction et figuration qui illustre quelques uns de ses thèmes de prédilection comme l’invisible, l’éphémère et autres manifestations insaisissables de l’intensité de la vie.

Les tableaux entre broderie et peinture de José María Sicilia illustrent l’intensité de la vie

L’exposition dévoile un ensemble de créations majeures de José María Sicilia qui sont représentatives de son travail de ces dernières années. Des œuvres de la série La Locura del ver (La Folie de voir), réalisée entre 2015 et 2016, est présentée pour la première fois en France. Ces tableaux abstraits réalisés sur papier associent des formes colorées tracées à l’encre et des broderies en fil de soie. Ils s’inscrivent dans la démarche habituelle de José María Sicilia qui prélève ses motifs dans des observations scientifiques.

En effet, les formes peintes traduisent des chants d’oiseaux tandis que les broderies forment une interprétation de l’expérience de la double fente de Thomas Young à partir de laquelle le scientifique déduisit la nature ondulatoire de la lumière. L’objectif de José María Sicilia est d’exposer à notre regard des manifestations insaisissables à l’œil nu et pourtant bien réelles de l’intensité biologique, spirituelle et poétique de la vie.

Avec Phasma, José María Sicilia traite de l’éphémère et la disparition

Deux sculptures de formats très différents sont inspirées de la catastrophe de Fukushima. Placée au sol, celle intitulée Miki Endo et réalisée en bronze est une modélisation de la voix d’une des victimes du tsunami qui choisit de ne pas quitter la ville pour prévenir la population de l’arrivée de la vague. La seconde sculpture, intitulée Accidente, réalisée en or, représente le taux de radioactivité émanant d’un réacteur nucléaire de Fukushima après le raz-de–marée.

L’ensemble inédit de dessins et de poèmes intitulé Phasma rejoint le thème des deux sculptures : il est en effet le fruit de rencontres entre José María Sicilia et des familles, des médecins, des psychothérapeutes, des religieux japonais qui, depuis le tsunami, organisent des ateliers, notamment de la question du suicide. Dans la lignée de son questionnement constant autour des thèmes de l’éclosion, de la transformation mais aussi de l’éphémère et de la disparition, José María Sicilia traite ici de façon plus aigüe de la difficulté de vivre.