Djamel Tatah
JGM Galerie
L’événement
Communiqué de presse
Depuis plus de quinze ans, Djamel Tatah peint des tableaux à l’atmosphère étrange dont l’objectif consiste selon lui à « enregistrer une forme de disparition de l’être ».
Le travail, toujours systématique et rigoureux, presque obsessionnel, révèle des silhouettes ascétiques «beckettiennes» comme aime à les décrire l’artiste. Toujours accrochées à hauteur de nos yeux, ces corps figés à l’échelle humaine, sont toujours représentés devant un espace monochrome ou bichrome, à la manière d’un rideau de scène. L’intrusion de ces figures silencieuses dans ce «no man’s land» pictural renvoie à un univers de solitude et nous amène à nous interroger sur la raison profonde de leur présence. Par cette démarche, Djamel Tatah témoigne de cette volonté de concilier deux modes d’expression de l’histoire de l’art souvent jugés antagonistes : celui de la tradition figurative à travers le genre du portrait, et celui de l’abstraction moderniste, à travers l’affirmation de la planéité et de l’importance du champ coloré.
Dans les nouveaux travaux, on reconnaîtra facilement la technique de l’artiste qui consiste à élaborer des peintures à partir d’une image photographique retravaillée à l’ordinateur, puis projetée sur une toile, pour ne retenir qu’une silhouette fantomatique.
On retrouve également dans ces peintures, le savant équilibre entre les postures souvent immobiles, mais parfois en déséquilibre, et des fonds monochromes constitués par une superposition très lâche de coups de pinceau à la manière de certains tableaux de Rothko. Djamel Tatah tourne le dos à toutes les marques expressives des gestes picturaux hérités de l’histoire de l’art moderne (coulures, dripping, empâtement…) pour revendiquer une économie de la représentation.
Malgré ces visages pâles, ces regards perdus dans le vide ou parfois fixés vers le regardeur, Djamel Tatah se refuse à tout sentimentalisme, à toute tentation psychologique. Pour lui, «la figure est une représentation métaphorique de l’homme, ou plutôt, une métaphore de la représentation de l’homme».
C’est pourquoi, les tableaux de Djamel Tatah sauf quelques exceptions, ne portent volontairement aucun titre, comme pour signifier qu’un support discursif n’est pas utile à la lecture de son œuvre.
Empruntes de mélancolie, les œuvres de Djamel Tatah offrent bien peu de prise à la description. Pourtant, leur présence énigmatique porte en elle un questionnement existentiel. Les personnages représentés seuls ou en groupe sont continuellement en quête de vérité. Ils ne sont ni le fruit ni l’élément d’une narration. D’ailleurs, l’artiste préfère suggérer ou évoquer une émotion – qui reste comme suspendue. La technique que l’artiste utilise en mélangeant la peinture à l’huile avec de la cire fondue, comme pour figer la représentation, apporte beaucoup à cette impression. Le temps, derrière ces visages calmes semble s’être arrêté à la manière d’un arrêt sur image. Cette immobilité si caractéristique recèle en elle une forte intensité dramatique : paradoxe qui souligne la profondeur de l’œuvre de Djamel Tatah.
Infos pratiques
> Lieu
JGM
79, rue du Temple. Paris 3e
M° Rambuteau
> Horaires
du lundi au samedi de 10h à 19
> Contact
T. 01 46 33 44 83
jgmgalerie@free.fr
> Entrée libre
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