ART | EXPO

Jeunes créateurs à New York

18 Jan - 04 Mai 2014
Vernissage le 17 Jan 2014

«Jeunes créateurs à New York» présentée au Musée d’art moderne de Saint-Etienne propose de découvrir une sélection d’artistes émergents issus de la scène new-yorkaise. A travers des pratiques hétéroclites, la plupart de ces artistes engagent un dialogue entre l'art et la culture populaire.

Brian Belott, Taylor McKimens, Dean Monogenis, Matt Bollinger, Daniel Arsham, Bea Camacho, Davide Cantoni, Paul DeMuro, Amy Feldman, Allison Hawkins
Jeunes créateurs à New York

Cette exposition présente un panorama éclectique de la scène contemporaine new-yorkaise au travers de l’œuvre de dix jeunes artistes.

Ce regard sur l’actualité de la création nous montre l’attrait des artistes pour deux médiums en particulier: le dessin et la peinture. En effet, la vidéo et la photographie — omniprésents il y a quelques années encore — semblent aujourd’hui délaissés par les jeunes créateurs. Comme chez Bea Camacho, où la photographie sert uniquement à garder la trace d’une performance.

Les artistes exposés au Musée d’art moderne de Saint-Etienne Métropole puisent leur inspiration dans l’histoire de l’art (notamment l’art minimal) et dans la culture populaire. Ces références sont utilisées comme matière iconographique ou picturale.

Elles font aussi bien appel à des artistes fondateurs de l’art minimal comme Frank Stella ou à l’expressionnisme abstrait de Jackson Pollock, qu’aux cartoons et autres «comic books» de leur enfance.

Cette exposition nous offre une perspective dans laquelle l’art et la culture engagent un dialogue nourri, sans s’embarrasser des hiérarchies traditionnelles.

Des chaussettes sales, des peignes, des livres et des objets en tous genres, peuplent le travail de Brian Belott. Comme libérés de leur poids et de leur fonction, ils semblent flotter sur et sous des surfaces brillantes, miroitantes, aux couleurs saturées empruntées aux impressions des années 1960-1970.

Des formes et des symboles géométriques viennent ancrer ces compositions conçues sur le mode du collage. Accoutumé à l’écriture musicale, Brian Belott évoque ses assemblages en termes de «sampling» et de «free jazz».

Cette dimension sonore se retrouve également dans les titres de ses travaux, comme dans ceux de l’un de ses artistes favoris, Piet Mondrian. Mais, les travaux de Brian Belott sont fondamentalement plus «pop».

Le réalisme des dessins de Matt Bollinger, le noir et blanc du graphite, le cadrage en grand angle renvoient à la photographie ou au plan cinématographique. Dans About Midnight Saturday, ces éléments sont associés à un témoignage sonore relatant un drame familial; ils ressuscitent un passé inquiétant, dramatique. Émanant des intérieurs, une lumière électrique combat l’hostilité du monde extérieur, un monde en suspens.
Il nous propose ainsi un univers fortement contrasté, couché sur de fragiles feuilles de papier.

Taylor McKimens est peintre et dessinateur. Dans ses toiles grand format, il dresse le portrait d’une Amérique aux couleurs criardes et qui transpire la banalité. Il ne s’agit pourtant pas de faire une critique sociale de l’Amérique. Taylor McKimens propose une peinture qui évoque la matière organique, et un dessin où les corps, les plantes, les architectures et les objets semblent bouger et grouiller.

Son style évoque celui de Robert Crumb, figure du «comic underground» mais s’en distingue par sa volonté de s’éloigner de la caricature et du stéréotype.

Les acryliques sur bois de Dean Monogenis figurent des architectures modernes ancrées à des massifs rocheux, qui sont comme perdues dans l’espace du tableau.

Il utilise la peinture comme un calque, en superposant des couches successives et en multipliant les techniques picturales. Ces éléments évoquent autant les artistes du Pop art que la peinture d’Ellsworth Kelly ou de Kenneth Noland, deux artistes actuellement présentés dans l’exposition des œuvres américaines de la collection du musée.