ART | EXPO

Jean-Charles Eustache, Samuel Rousseau

19 Mar - 26 Avr 2014
Vernissage le 19 Mar 2014

Les œuvres de Samuel Rousseau et Jean-Charles Eustache entremêlent réalité et fiction. Bien que le propos de ces deux artistes différe, tous deux ont cette capacité à capter le regard du spectateur par la puissance des images qu’ils proposent, qu’elle soit hypnotique chez Samuel Rousseau ou une sorte d’impression rétinienne chez Jean-Charles Eustache.

Jean-Charles Eustache, Samuel Rousseau

La Galerie Claire Gastaud présente la deuxième exposition personnelle du peintre Jean-Charles Eustache et pour la quatrième fois, une exposition monographique de Samuel Rousseau.

Dans cette série de dix petites peintures récentes on retrouve l’univers étrange, cinématographique empreint de mélancolie de Jean-Charles Eustache. Le spectateur, face à ses toiles se retrouve comme confronté à un morceau d’histoire, une scène de film, de crime et semble regarder à travers un feuillage, une haie, un trou de serrure ou un objectif. Ses peintures sont souvent des vues d’extérieur avec un cadrage frontal comme si l’artiste ne s’autorisait pas à franchir la clôture. Il ne s’intéresse pas à l’action mais à ce moment où elle l’intrigue s’apaise, l’après incident.

Ces images imprègnent et s’impriment sur la rétine. Ses toiles dans lesquelles il introduit une nouvelle matité sont empreintes des ses influences de différentes cultures, croyances. Elles révèlent sa grande connaissance de la peinture et son attirance pour différents courants du début XXIe comme l’expressionisme, les nabis, les réalistes ou encore les régionalistes américains. La taille des ses peintures est importante, Jean-Charles Eustache a su trouver les formats adéquats comme s’il transportait des images avec lui, des morceaux de mémoire.

«Que dire à propos de ces nouvelles peintures, si ce n’est qu’elles poursuivent leur lent processus de dissolution du réel (ou tout du moins, de ses apparences). C’est en effet bien le thème de l’oubli qui rode d’une peinture à l’autre. Tantôt, cela peut se traduire par la disparition partielle d’un corps ou d’un objet dans le paysage, tantôt, cela se manifeste par une sorte de combustion qui perturbe et dévore le motif, à l’instar du temps qui oblitère nos souvenirs les plus chers.» Jean-Charles-Eustache

Pour ce qui est de la partie consacrée à Samuel Rousseau, l’exposition s’articule principalement autour de son œuvre Soubressauts du monde, une installation vidéo mêlant sculpture motorisée et projection vidéo. Fortement marquées par la société, ses créations donnent à réfléchir sur le monde des médias et le nouveau traitement des données journalistiques et des informations à travers le monde.

Cette pièce récente, forte et hypnotique, est totalement en adéquation avec l’œuvre de cet artiste (plasticien, vidéaste, photographe) qui cultive la pluridisciplinarité et dont les œuvres hybrides tiennent autant de la sculpture, de la vidéo, et de l’installation. Il utilise avec génie et finesse les nouvelles technologies: en intégrant une image vidéo spécifique à des objets communs pour leur donner vie et interroge ainsi avec humour et poésie l’absurdité de la condition humaine.

«Formellement, je pose la question du temps mort dans un temps en boucle. Parce que j’ai envie que mon travail vidéo fonctionne exactement comme une sculpture ou une peinture, qu’il soit uniquement un détonateur de réalité. Donc, même quand je fais une narration, cette narration sera cyclique et en boucle, afin qu’on puisse venir à n’importe quel moment et se retrouver pourtant dans une justesse temporelle. Après, évidemment, il y a un pouvoir hypnotique. Je fais des boucles, et je fais des boucles invisibles, c’est-à-dire que parfois je fais des boucles de quarante secondes et les gens les regardent pendant dix minutes. C’est assez incroyable, mais il y a toujours des choses à voir». Samuel Rousseau