ART | EXPO

Je t’embrasse tous

08 Juin - 23 Juil 2016
Vernissage le 08 Juin 2016

Dans l’exposition «Je t’embrasse tous» de Jean-Charles de Quillacq à la galerie Marcelle Alix, des sculptures transgenres sont placées sous le signe de l’art queer: le féminin et le masculin sont transcendés par l’exploration de ce qu’il y a de semblable entre tous les individus.

Je t’embrasse tous

Jean-Charles de Quillacq

Jean-Charles de Quillacq présente à la galerie Marcelle Alix son exposition intitulée «Je t’embrasse tous». La faute volontairement introduite dans la syntaxe du titre exprime parfaitement l’enjeu principal des œuvres de Jean-Charles de Quillacq: trouver et montrer ce qui est commun à tous les individus, quels que soient leur personnalité, leurs opinions politiques, leur nationalité, leur religion et leur sexe. Des sculptures qui s’inscrivent dans l’art queer, un art qui s’oppose aux distinctions binaires entre les genres.

Le parcours est jalonné de sculptures constituées de tubes et tuyaux peints en blanc, de toutes longueurs et épaisseurs, posés au sol ou contre les murs, droits ou pliés, dont les extrémités s’enfoncent dans le sol, le mur ou le plafond, ou bien qui sont laissées béantes. Elles évoquent des éléments charnels, le plus évident dénominateur commun de l’humanité: organes internes (les intestins, entrailles et muqueuses), mais aussi orifices externes (bouches, vagins ou anus). Leur position dressée ou couchées prend des allures phalliques, symbolisant des érections incertaines.

Deux sculptures intitulées Cigarette After Sex et Mégot sont constituées de baguettes de pain anormalement longues et solidifiées par de la résine. Partiellement  enduites de peinture blanche, elles ressemblent à des cigarettes, l’une étant intacte et l’autre, raccourcie et noircie en son extrémité, telle un mégot. Deux actions très différentes, manger du pain et fumer une cigarette fusionnent pour signifier qu’elles passent par le même orifice, la bouche. Ces sculptures mettent en jeu l’oralité très présente dans l’œuvre de Jean-Charles de Quillacq. Par leurs détournements s’exprime  une volonté de vivre au plus près de la matière, une jouissance de la ressentir pleinement, par la bouche qui l’intègre et non par les sens qui  lui restent extérieurs comme la vue et le toucher.

La sculpture Blue-jean est formée de trois moulages de jambe disposés de façon à former un trépied. La même jambe est reproduite, évitant ainsi la symétrie naturelle entre jambe gauche et jambe droite. Une rupture avec l’opposition binaire que renforce l’assemblage par trois.

Les œuvres transgenres de Jean-Charles de Quillacq brouillent les repères entre le féminin et le  masculin, entre le synthétique et l’organique. Elles se révèlent profondément charnelles et habitées de désirs sous leur apparence abstraite.