ART | EXPO

Je suis vivant

15 Fév - 04 Mai 2014
Vernissage le 14 Fév 2014

Les œuvres de Benjamin Swaim comportent une dimension vitale et sexuelle très forte, qu’il exprime à travers son utilisation de la couleur, proche de l'expressionnisme allemand. Ses tableaux et ses sculptures représentent la résistance, l’obstination d’une figure, qui même amputée, continue de vivre malgré tout.

Benjamin Swaim
Je suis vivant

Le travail de Benjamin Swaim se développe actuellement dans trois directions, dont l’une, les images surpeintes, ne sera pas représentée dans l’exposition. Il utilise tout à la fois des techniques, des «médiums» et des orientations différentes. Des peintures à l’huile grand format représentent une figure dans un paysage. Des séries d’encres de Chine sur papier imprimé proposent des séquences d’images en prenant pour matériau des livres anciens. Enfin, des sculptures en terre non cuite, peintes à l’encre de Chine représentent des corps.

«En forçant le trait je pense qu’il s’agit chaque fois d’une tonalité affective différente qui se développe dans un rapport étroit avec les matériaux utilisés. Les trois directions malgré ces différences formelles et techniques ont pour sujet une figure humaine, sexuée, son désir, entre vie et mort.

La dimension vitale — « je suis vivant » — sexuelle est très forte dans les tableaux qui suivent depuis quelque temps une voie plus expressionniste. La couleur et les rapports de couleur sont ici essentiels. Dans ces peintures, c’est comme si j’avais inscrit les figures représentées dans les tableaux peints entre 2008 – 2011 ( Les sculptures de ma mère et Salammbô Schreber) dans les paysages que je faisais antérieurement. Venus Anadyomène, grand corps de femme sortant des flots ou figure mâle, pirate amputé et aveugle, Ulysse troué dont le vaisseau est une chaussure de femme. Dans ces tableaux centrés sur une figure, je me sens proche des directions suivies par Bacon, Picasso, Guston, le colorisme de certains artistes de l’expressionisme allemand tels que Beckman lorsque les figures sont fortement cernées, les aquarelles de Nolde pour les ciels.»

Chacune des peintures de Benjamin Swaim est exécutée directement, sans l’aide d’un dessin préalable. Ses sculptures sont des corps à la fois morts et vivants, des corps sexués et mourants. Il s’agit de fragments au double sens de l’objet partiel (désir) et du reste, du déchet (mort). Leurs têtes décollées renvoient bien sûr aux décapitations, à la castration mais ce sont aussi des visages, des visages et des têtes de mort tout à la fois. Ces dernières renvoient aux fouilles archéologiques par leur mode de présentation, par la fragmentation des corps et aussi aux charniers, à l’image d’un corps démembré par la violence, par la terreur politique. Il dépeint la résistance, l’obstination de la figure qui, amputée, continue de vivre malgré tout et revendique: «je suis vivant».

D’après un texte de Benjamin Swaim

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