DANSE | SPECTACLE

Je pensais vierge mais en fait non

31 Jan - 17 Fév 2012

Hors les murs du Théâtre de Vanves, le festival Artdanthé programme Je pensais vierge mais en fait non, une invitation à explorer les appartements de Thibaud Croisy à la recherche des traces de présence. Parallèlement, il conduira une série d’ateliers au Studio-Théâtre de Vitry autour de la thématique du «rien faire».

Thibaud Croisy
Je pensais vierge mais en fait non

Un habitat est un espace intime, investi physiquement et affectivement par la personne qui y vit.
Lorsque cette personne quitte son habitat, son investissement passé demeure inscrit plus ou moins fortement dans le lieu.
Je pensais vierge mais en fait non convie un public dans un appartement situé à Paris et met en évidence l’investissement physique et affectif d’individus ayant traversé cet espace.

En association avec le Studio-Théâtre de Vitry.

Cette manifestation a lieu dans l’appartement de Thibaud Croisy. Un point de rendez-vous sera communiqué aux spectateurs lors de leur réservation.

Thibaud Croisy occupe différentes fonctions. En 2007, il entame une recherche théâtrale qui se traduit par la mise en scène de trois pièces: Rixe de Jean-Claude Grumberg (2007), Le Frigo de Copi (2008) et la première partie d’Au But de Thomas Bernhard (2010). Toutes trois se fondent sur des normes (langagières, sociales ou sexuelles) mises en crise par la violence, voire la barbarie d’un personnage.
Avec Je pensais vierge mais en fait non, il conçoit un projet qui s’inscrit en dehors de l’espace scénique et prend en compte la sphère de l’habitat.
Il travaille également en tant qu’interprète avec les chorégraphes Annie Vigier et Franck Apertet (les gens d’Uterpan) et participe aux créations de The Great Learning, Topologie, Programmes… Issu du département de théâtre de l’École normale supérieure et diplômé en études théâtrales de l’Université Paris-X, il a mené plusieurs recherches sur les dramaturgies scandinaves (Henrik Ibsen, August Strindberg), allemandes (Heiner Müller, Franz Xaver Kroetz) et surtout autrichiennes (Werner Schwab).

Sophie Demeyer s’est formée grâce aux multiples approches pédagogiques et expérimentales proposées par la cellule d’insertion professionnelle «Passerelle 03» à Bruxelles (interprète les pièces courtes de Ted Stoffer, Louise Vanneste, Yasuyuki Endo) puis au Centre National de Danse Contemporaine d’Angers où elle rencontre, entre autres, Carlos Cueva et Iztok Kovac.
Depuis septembre 2006, elle travaille avec Annie Vigier et Franck Apertet (Cie les gens d’Uterpan) et participe notamment aux créations X-EVENT 1, X-EVENT 2, HOME-CLUBBING, RE | ACTION (Avis d’audition, Parterre, Topologie…). Elle travaille avec Geisha Fontaine et Pierre Cottreau (Cie Mille Plateaux associés) sur Ne pas toucher aux œuvres, créé en janvier 2011 dans le cadre du Festival «Faits d’hiver».

Mardi 31 janvier 2012 et les 3, 7, 10, 14 et 17 février

Stage pour amateurs avec Thibaud Croisy et Sophie Demeyer les week-ends des 4, 5 et 11, 12 février 2012 de 13h30 à 18h30
Réduire l’offre
À l’heure où se multiplient les « workshops » sur tous les sujets et où le marché de l’art se flatte de proposer une offre toujours plus large, il me semble urgent de ménager un espace qui oppose le vide au remplissage, le rien à la prolifération, la perte aux gains que les consommateurs culturels sont censés retirer de chaque prestation.

Ce stage invite donc des participants à aller à l’encontre des exigences de productivité par des stratégies de ralentissement, de retard, de stagnation voire même d’«inactivité». Dans un contexte où un grand nombre d’artistes cherche à apparaître sans discontinuer et à produire le plus possible pour exister, les participants seront enjoints, au contraire, à envisager leur disparition, l’effacement de leurs gestes et la mise entre parenthèses de leur posture singulière. En ce sens, il ne leur sera pas tant demandé de «ne rien faire» que de «faire rien», c’est-à-dire d’expérimenter des actions qui se situent à la lisière du domaine de l’art et de la vie ordinaire et qui «[construisent] des intensités par soustraction» (Thierry Davila). Une démarche de ce type, fondée sur la présence, la précision et le souci du détail, implique de prendre part à des propositions confidentielles ou «fantômes», imperceptibles ou invisibles, pouvant s’inscrire en dehors de l’espace scénique et aller jusqu’à se dispenser de la présence d’un public. Dans tous les cas, il s’agira de penser l’absence de création et de développer un comportement plutôt que d’élaborer un objet – démarches évidemment politiques.
Ce stage s’articule autour de deux sessions: lors d’un premier week-end, les participants seront impliqués dans différentes expériences en lien avec la notion de «déproduction» (production sur un mode mineur), qu’ils aborderont aussi sous un angle théorique grâce à la présentation de quelques œuvres; dans la continuité de ce premier temps, ils s’empareront d’un deuxième weekend pour concevoir une proposition qu’ils devront réaliser individuellement.
Conçu comme une matrice, ce stage est amené à se configurer en fonction de l’identité et de l’engagement des participants. Pour cette raison, il est ouvert en priorité aux amateurs mais aussi aux personnes plus expérimentées qui souhaiteraient s’investir pour formuler un geste critique avec leur corps.
Thibaud Croisy

Les candidatures sont à envoyer par mail avant le 23 janvier 2012, accompagnées de quelques lignes de motivation et de vos coordonnées (nom, adresse, téléphone). Les participants peuvent éventuellement mentionner leurs expériences artistiques ainsi que toute information qui leur semblerait pertinente.
Les personnes retenues pour le stage recevront un mail de confirmation le 26 janvier 2012.
Le stage est gratuit et limité à dix personnes.

critique

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