ART | EXPO

Je meurs trop

06 Juin - 22 Juil 2006
Vernissage le 06 Juin 2006

La Galerie Nelson a demandé à Jean-Hubert Martin actuel directeur du Museum Kunst Palast à Düsseldorf de proposer une sélection d’œuvres de Robert Filliou, réunies selon trois axes principaux.

Robert Filliou
Je meurs trop

L’œuvre de Robert Filliou est jalonnée de questions existentielles sur la vie, le vide, l’infini, le zéro, la recherche sur les origines, le temps. Versant philosophique de l’artiste que l’on retrouve dans l’édition de 1983 Le Jeu de vi(d)e.

Un des autres aspects du travail de l’artiste est plus charnel, vital et repose sur les notions d’amitié, de partage et d’amour, notions fondamentales pour l’artiste pour lequel tout esprit de compétition était absent. On peut alors voir des œuvres sous forme de portraits comme les Mains d’artistes, Love, love, love ? ou encore les Portraits non-faits. Enfin, la série des «Longs poèmes à terminer chez soi» de 1961, où l’on retrouve l’esprit facétieux et le goût de l’artiste pour les idées multiples, les mots, la poésie ouvre une réflexion plus large sur le langage, la communication et l’échange.

Cette exposition est l’occasion de re-découvrir l’œuvre abondante de Robert Filliou qui se voulait avant tout poète mais dont les inventions de Création Permanente, de Réseau éternel et de Fête permanente et surtout du Principe d’Equivalence, ont révolutionné une certaine vision de l’art centrée sur elle-même et restent pertinentes aujourd’hui encore pour de nombreux artistes.

Proche de Fluxus, cet artiste s’est tenu le plus possible à l’écart des institutions et du marché de l’art — même au détriment d’une vie confortable — privilégiant plus que tout l’échange avec les autres et pour qui «l’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art». D’apparence fragile, éphémère, faites de matériaux «pauvres», les œuvres présentées, des années 60 à 80, sont toutes empreintes d’une grande sensibilité, d’humour non dénué de gravité parfois, de poésie toujours.

Directeur de la Kunsthalle de Berne (1982-1985), du Musée national d’art moderne (1987-1990), du Musée national des arts d’afrique et d’Océanie (1994-1999), Jean-Hubert Martin est directeur du Museum Kunst Palast de Düsseldorf jusqu’en septembre 2006. En tant que directeur du Musée national d’art moderne, il a participé à la préparation de l’exposition Robert Filliou, réalisée sous le commissariat de Paul Hervé Parsy.