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J’ai fait un rêve. Portraits d’Israël et de Palestine

12 Jan - 15 Fév 2013
Vernissage le 11 Jan 2013

L'exposition «J'ai fait un rêve» regroupe deux projets réalisés en Israël et Palestine. La série Face à Face, portraits croisés de jeunes femmes israéliennes et palestiniennes, est un rencontre par la photographie entre deux peuples ennemis. La série Refuzniks présente des portraits photographiques et écrits d'objecteurs de conscience israéliens.

Françoise Beauguion
J’ai fait un rêve. Portraits d’Israël et de Palestine

Face à face. Portraits croisés de jeunes femmes israéliennes et palestiniennes.
Créer une rencontre. Réunir. Mais comment?
«Je cherche, je me questionne, je teste. Je ne peux pas montrer, par une pratique documentaire qui me porte, le conflit et la misère. Il existe d’autres formes de réalités. Peut-être plus optimistes voire idéalistes? Après sept ans de travaux documentaires, de publications pour la presse française, de sujets de société, d’histoires reflétant des problèmes politiques ou de conflits, j’ai appris à me méfier des reportages photos. Je sais. Il faut broder, prouver, adapter pour vendre.
Il faut de la sensation, des sentiments, des images fortes. Je sais. Pourtant la vérité se trouve aussi autour… Alors j’ai tenté.

Israël et les territoires palestiniens cohabitent sans jamais se croiser sur une infime terre. Une goutte d’eau. Un jeune pays et un territoire occupé. Un conflit qui n’en finit plus. D’un côté l’occident, la modernité, la diversité. De l’autre, l’Orient et sa tradition. Des idées nous venant des images médiatiques nous poussent à croire en des clichés. La guerre, l’horreur, les religieux, les extrémistes, un gouvernement corrompu, les colonies, le mur de séparation, des femmes soumises, des femmes enfermées.

Nous ne les connaissons pas, ni les israéliennes, ni les palestiniennes. Mais elles ne se connaissent pas plus. Elles ne sont pas si différentes, elles ne se haïssent pas, elles ont les mêmes ambitions, les mêmes envies. Elles étudient et mènent, chacune dans leur culture, une vie comparable à celle de toute jeune femme.

Ce travail photographique a-t-il pour objectif de les rassembler? De les opposer? De prendre un parti? Non. C’est une mise en parallèle. Un vis-à-vis. Parfois elles se croisent. Des regards. Un sourire. Une envie de connaître sa voisine?»

Refusers objecteurs de conscience refuzniks pacifistes antimilitaristes en Israël
Le service militaire y est obligatoire pour tous à l’âge de 18 ans, d’une durée de deux ans pour les femmes et de trois ans pour les hommes. À la fin du lycée démarre alors l’étape souvent dite la plus importante de leur vie, celle où l’on devient adulte. Ensuite, une période de réserve est imposée tous les ans, jusqu’à l’âge de 45 ans pour les hommes et de 24 ans pour les femmes.

Tsahal est une armée redoutée des pays arabes environnants. Elle joue un rôle central depuis sa création, le 28 mai 1948 (soit 14 jours seulement après la proclamation de l’Etat d’Israël), car elle a connu une dizaine de guerres et tient depuis une réputation de puissance.

L’Etat occupe les territoires palestiniens et les jeunes recrues y sont largement déployées au niveau des check point ou vers les colonies juives. On peut alors y voir des jeunes, pantalons d’uniformes portés en style « bagui », des lunettes de soleil sur des visages radieux, mâchonnant un chewing-gum, s’éclaffant dans leur téléphone portable dernier cri en hébreu avec leurs amis sûrement restés à Tel Avive.

Tel Aviv justement. Une ville moderne, jeune, dynamique. La plage, le soleil, les bars, le sport. La fête au quotidien. La religion un peu moins. Un besoin de vivre. Pourquoi? Pourquoi tant d’insouciance et d’indifférence à seulement 70 km de Gaza? Parce qu’ils ne veulent pas. Parce qu’ils n’en peuvent plus de porter ce poids et cette culpabilité.