ART | EXPO

Jacques Villeglé

28 Nov - 25 Jan 2014
Vernissage le 28 Nov 2013

La galerie Cortex Athletico présente une sélection de onze œuvres de l’artiste français Jacques Villeglé, des années 1970 aux années 2000. Cet artiste flâneur emblématique du Nouveau Réalisme, s'approprie l'environnement urbain au moyen de plusieurs techniques: décollage, lacération et collecte d'affiches.

Jaques Villeglé

Les affiches lacérées de Jacques Villeglé ont généralement été lues à travers l’unique prisme du Nouveau Réalisme, comme un acte d’appropriation de la nature urbaine, que l’on situe historiquement, par rapport au Pop Art ou à l’impasse dans laquelle la peinture se trouvait à l’époque.

Mais au-delà des histoires de l’art bien ordonnées, leur auteur avoue volontiers avoir conservé en lui une sorte d’ambition inavouée, celle de produire une œuvre qui serait à son temps ce que la Comédie humaine balzacienne représentait pour le sien. Une forme de concurrence à l’état-civil, l’expression complexe et vivante d’une époque par des moyens artistiques ; une sorte de «Comédie urbaine», selon l’expression de l’artiste.

Et en effet, on trouve dans l’œuvre de Jacques Villeglé toutes les valeurs, toutes les strates sociales, tous les mouvements qui traversent son temps. Les formes, les images, les mots, les typographies, les idéologies, les gestes, les techniques et le droit, tout est là.

Par l’utilisation d’un matériau éphémère, l’affiche publique, et d’un geste de braconnage urbain, de collecte sauvage, l’artiste réinvente la peinture d’Histoire, de la même manière que Balzac a su transformé en cycle romanesque l’épopée quotidienne de son époque.

Choisir et collecter relèvent du geste artistique pour Jacques Villeglé. Il s’agit de sélectionner, de soustraire, de décontextualiser, en d’autres termes, de s’approprier une production collective et anonyme.

Tous ces messages soigneusement élaborés — qu’ils soient publicitaires, politiques, culturels ou même spontanés — sont soumis à un acte de vandalisme salutaire qui  ne laisse que des bribes aléatoires. Les mots et les phrases sont ainsi fragmentés et recomposés par le hasard et le temps, ils ouvrent des brèches sémantiques éparses, souvent improbables.