ART | EXPO

Insolubles solides

15 Nov - 24 Jan 2009
Vernissage le 15 Nov 2008

Les oeuvres présentées ici n’imposent pas au spectateur un temps de lecture défini. Enigmatiques, elles permettent (ou obligent) de négocier la vitesse, la durée et la trajectoire de notre contemplation.

Communiqué de presse
Nina Beier & Marie Lund, Cyril Dietrich, Francesco Gennari, Franz Gertsch, Aurélien Mole, Blinky Palermo, Dan Peterman, Frédéric Pradeau et Wolfgang Schindler
Insolubles solides

Avec « Insolubles solides », Cyril Dietrich, nous propose de découvrir l’échantillon d’une collection personnelle possible rassemblant quelques oeuvres réalisées en Europe depuis les années 70.

Pour lui, ces oeuvres conserveraient leur caractère problématique, dans la mesure où elles auraient su maintenir leur rapport essentiellement complexe au monde. De ce fait, elles témoignent d’une posture incertaine des auteurs face à leur désir ou bien leur nécessité de faire, sans trahir la nature profondément indéchiffrable de ce qui se présente à eux.

Plus que d’autres, ces oeuvres partagent la qualité généreuse de ne pas nous imposer un temps de lecture défini. Ainsi, elles nous permettent (ou nous obligent) de négocier la vitesse, la durée et la trajectoire de notre contemplation.

L’exposition « Insolubles solides » peut être appréhendée à la lecture des mots de Francis Ponge dans Proêmes (Ed. Gallimard, 1948):

La forme du monde

« Il faut d’abord que j’avoue une tentation absolument charmante, longue, caractéristique, irrésistible pour mon esprit.

C’est de donner au monde, à l’ensemble des choses que je vois ou que je conçois pour la vue, non pas comme le font la plupart des philosophes et comme il est sans doute raisonnable, la forme d’une grande sphère, d’une grande perle, molle et nébuleuse, comme brumeuse, ou au contraire cristalline et limpide, dont comme l’a dit l’un d’eux le centre serait partout et la circonférence nulle part, ni non plus d’une « géométrie dans l’espace », d’un incommensurable damier, ou d’une ruche aux innombrables alvéoles tour à tour vivantes et habitées, ou mortes et désaffectées, comme certaines églises sont devenues des granges ou des remises, comme certaines coquilles autrefois attenues à un corps mouvant et volontaire de mollusque, flottent vidées par la mort, et n’hébergent plus que de l’eau et un peu de fin gravier jusqu’au moment où un bernard-l’hermite les choisira pour habitacle et s’y collera par la queue, ni même d’un immense corps de la même nature que le corps humain, ainsi qu’on pourrait encore l’imaginer en considérant dans les systèmes planétaires l’équivalent des systèmes moléculaires et en rapprochant le télescopique du microscopique.

Mais plutôt, d’une façon tout arbitraire et tour à tour, la forme de choses les plus particulières, les plus asymétriques et de réputation contingentes (et non pas seulement la forme mais toutes les caractéristiques, les particularités de couleurs, de parfums), comme par exemple une branche de lilas, une crevette dans l’aquarium naturel des roches au bout du môle du Grau-du-Roi, une serviette-éponge dans ma salle de bain, un trou de
serrure avec une clef dedans.

Et à bon droit sans doute peut-on s’en moquer ou m’en demander compte aux asiles, mais j’y trouve tout mon bonheur. » (1928)

Vernissage
Samedi 15 novembre. 17h-21h. En présence des artistes.

Evénements
Samedi 22 novembre 08. 18h.
« Nous ne savons pas où nous serons mais nous espérons vous y retrouver ».
Démonstrations et expériences – en dimensions variables – autour de la recherche d’une membrane à l’échelle
d’une porte.

Avec Jonathan Fouchard, Khanh-Dang Nguyen Thu Lam, Dorothée Arnaud, Mélanie Bouteloup et Jochen Dehn.
En l’absence de Wolfgang Schindler.

Samedi 29 novembre 08. 18h.
Michel Aubry, « Rodtchenko à Paris », 2003-2008.

Projection en présence de l’artiste et de David Legrand.
Musique mixée en direct par Thibaut Espiau.

Samedi 6 décembre 08. 18h.
Rainer Michael Mason, Genève, ami du peintre-graveur suisse auteur d’une oeuvre offrant l’image commode mais
illusoire de la photographie, parle de Franz Gertsch et de deux ou trois choses qu’il sait de son travail.

Samedi 13 décembre 08. 18h.
Conférence de Anne Faucheret sur Blinky Palermo

Samedi 20 décembre 08. 18h.
« Ca nous parle »
Soirée organisée par Claire Glorieux : projection de Ile son, 8’44 (2007), La la la la, 2’28, en boucle (2007),
Voir la pulpe, 19’20 (2008) et table-ronde

Samedi 20 décembre 08. 18h.
Séance d’écoute par Grégory Castéra

Samedi 17 janvier 09. 18h.
Dan Peterman (sous réserve)

Samedi 24 janvier 09. 18h.
Table ronde
Nina Beier & Marie Lund, Cyril Dietrich, Nicolas Fourgeaud, Aurélien Mole