ART | EXPO

Ingres et les modernes

03 Juil - 04 Oct 2009
Vernissage le 03 Juil 2009

Daniel Arasse nous proposait d’analyser une oeuvre à travers une réinterprétation dont elle a été l’objet. A Montauban, vous allez pouvoir analyser les oeuvres de Ingres à travers les réinterprétations d’une centaine d’artistes de tout bord.

Jean-Auguste-Dominique Ingres, Ernest Pignon-Ernest, Invader, Miss.Tic, Paul Duchein, Guerrilla Girls, Antoine Etex, André Masson, Georges Rohner, Larry Rivers, Jiri Kolar, Patrick Raynaud, Erik Dietman, Francis Picabia, Léon Bonnat, André-Adolphe-Eugène Disderi, Marcel Broodthaers, Ghérasim Luca, Roman Cieslewicz, Christian Milovanoff, Gregory Patrick Garvey, Pol Bury, Gaël Davrinche, Christina Holdgaard, Pablo Picasso, Françoise Pétrovitch, Pascal Lièvre, Braco Dimitrijevic, Sigmar Polke, André Lhote, Alfred Courmes, Jean Despujols, Juan Gris, Kiyoshi Hasegawa, Salvador Dali, Roger de La Fresnaye, Henri Royer, Bernard Boutet de Monvel, David Hockney, Konrad Klapheck, Atala Stamaty, Jean Coraboeuf, Kathleen Gilje, Junsung Bae, Calum Colvin, Robert Mapplethorpe, Herb Ritts, Martial Raysse, Charles Camoin, Antonio Saura, Hans-Peter Feldmann, Herman Braun-Vega, Dany Leriche, Valery Koshlyakov, Hassan Musa, Jacques Carelman, Man Ray, Joel-Peter Witkin, Evelyne Axell, Giorgio De Chirico, Lourdes Castro, Ryutchi Souzouki, Robert Rauschenberg, Mel Ramos, Orlan, Stéphane Lallemand, Nobuyoshi Araki,  Alain Fleischer, Rima Jabbur, Julie An, Jill Miller, Julio Pomar, Erro, Philippe Pétremant, Raoul Dufy, Joan Miro, Yasumasa Morimura, Bernard Pras, Michel Pistoletto, Marcel Duchamp, Olivier O. Olivier, Sylvia Sleigh, Francis Bacon, Charles-Marie Hilpert, Nancy Lang, Vik Muniz, Jacques Brissot, Erro, Alejandra Figueroa, Emilie Benoist
Ingres et les Modernes

Quel meilleur commentaire d’une oeuvre d’art qu’une autre oeuvre d’art?
C’est ce que propose cette manifestation en faisant appel à des plasticiens de renommée internationale comme Picasso, Dalí, Robert Rauschenberg, Francis Bacon, David Hockney ou Martial Raysse, tout en accordant une place importante à la jeune scène hexagonale, ainsi qu’à des créateurs reconnus d’origine allemande, anglaise, belge, brésilienne, colombienne, danoise, espagnole, islandaise, italienne, japonaise, libanaise, péruvienne, polonaise, roumaine, russe, soudanaise, suédoise, yougoslave …

Quelle que soit l’insolence apparente de certains témoignages, l’intention est de montrer, grâce au regard de ses successeurs, le maître de Montauban dans sa complexité, sa plénitude et son rayonnement.
Pour mener à bien ce projet, quelque 115 collections publiques ou privées ont été sollicitées dans une douzaine de pays répartis sur trois continents: Europe (y compris Russie), Amérique du Nord et Asie (Corée, Japon…).
Parmi les artistes vivants, toutes les générations sont réunies, de Sylvia Sleigh (93 ans) à Nancy Lang (30 ans)…
Et les techniques les plus diverses sont sollicitées: peinture, dessin, sculpture, photographie, gravure, collage, création assistée par ordinateur, vidéo, installation in situ, art interactif, street art ou performance…

L’exposition dépasse les limites des salles de l’ancienne résidence des évêques de Montauban qui présente les plus grands chefs-d’oeuvre —parmi lesquels les fameux portraits de Mademoiselle Rivière et de Monsieur Bertin, exceptionnellement confiés par le musée du Louvre— venus dialoguer avec des productions aussi célèbres que Le Violon d’Ingres de Man Ray, l’Oedipe et le Sphinx de Francis Bacon, ou l’interprétation de Mademoiselle Rivière par Larry Rivers. Elle envahit, pacifiquement mais de façon insidieuse, la ville entière, se répand sur la façade de la cathédrale (Ernest Pignon-Ernest), dans les rues (Invader et Miss.Tic), sur le Monument à Ingres d’Étex «customisé» par les étudiants de l’IUP d’arts appliqués de Montauban qui voisine avec La Chaise de madame Gonse de Paul Duchein déjà installée en ville. Enfin, le fameux manifeste féministe des Guerrilla Girls (New-York, 1989 / Montauban, 2009), où la Grande Odalisque est affublée d’une tête de gorille, circulera dans toute la ville, multiplié sur les flancs d’autobus.

Cette exposition veut suggérer que le regard sur la postérité du maître de Montauban doit rester curieux et dynamique, voire paradoxal: Ingres lui-même nous invite à mieux apprécier une oeuvre du XXe siècle, alors que celle-ci nous conduit à jeter un regard insolite sur son univers ainsi renouvelé.